Rechercher

Rivages du Nil

Toutânkhamon, le pharaon ressuscité par Howard Carter

Howard Carter, un autodidacte dont on fête les 150 ans de la naissance 

Howard Carter - Toutânkhamon, le pharaon ressuscité

Le 9 mai 1874, il y a tout juste 150 ans, naissait à Londres Howard Carter. Fils d’un peintre animalier et paysagiste, Samuel John Carter, c’est un enfant de santé fragile qui a été éduqué à la maison par ses parents et n’a jamais fait d’études universitaires. Autodidacte, il a hérité des talents artistiques de son père. Il a découvert les antiquités égyptiennes en l’accompagnant lors d’une séance de peinture dans la maison de campagne d’un grand collectionneur, Lord Amherst of Hackney. Ce sont ses talents de dessinateur et d’aquarelliste qui vont le conduire à l’égyptologie : après s’être formé au British Museum, il est engagé en 1891 pour recopier à l'aquarelle les fresques de tombes égyptiennes par l’égyptologue Percy Edward Newberry.  

A cette époque, William Matthew Flinders Petrie (1853-1942), « le père de l'égyptologie moderne », premier titulaire de la chaire d'égyptologie à l'University College de Londres en 1893, a mis au point des méthodes de fouilles scientifiques utilisant en particulier la stratigraphie (relevé des objets couche par couche). Cette technique permettant d'effectuer des datations plus précises est d’ailleurs toujours utilisée en archéologie. Le Royaume-Uni se passionne alors pour l’Egypte, province relevant théoriquement de l’Empire ottoman, sur laquelle il a établi un protectorat de facto en 1892 avant de l’annexer lors de la guerre en 1914. Cette même année 1892 voit le jour la Société d'exploration de l'Égypte (Egypt Exploration Society, EES), créée en 1882 par Amelia Edwards et Reginald Stuart Poole. 

Howard Carter se passionne pour l’Egypte ancienne : chargé au départ des relevés, il se forme sur les chantiers des tombes de Beni Hassan puis du temple funéraire de Montouhotep II à Deir el-Bahari. Il reste quelques mois à Amarna aux côtés de Flinders Petrie, mais se heurte rapidement au caractère exigeant de l’archéologue, avant de revenir à Deir el-Bahari auprès d'Henri Édouard Naville jusqu’en 1899. Il est nommé en 1900 inspecteur général des monuments en Haute-Égypte par le directeur du service des Antiquités égyptiennes, Gaston Maspero, fondateur de l’École française du Caire, actuel Institut français d'archéologie orientale (IFAO). Il travaille dans la vallée des Rois de la nécropole thébaine, financé par le mécène américain Theodore Monroe Davis. Fin 1904, alors que Carter se trouve dans la nécropole de Saqquarah, il se heurte aux exigences injustifiées de riches touristes français qui se plaignent auprès du consul général : à 31 ans, il perd alors ses fonctions et doit subsister en vendant ses aquarelles et en travaillant comme expert. La rencontre avec Lord Carnavon va tout changer. 

 

Howard Carter, Lord Carnarvon et la tombe de Toutânkhamon 

George Edward Stanhope Molyneux Herbert, 5e comte de Carnarvon

George Edward Stanhope Molyneux Herbert, 5e comte de Carnarvon (connu comme George Hébert ou Lord Carnarvon) est alors en convalescence à l’hôtel Bristol du Caire : il a eu un grave accident de voiture quelques années plutôt. Héritier en 1890, à 23 ans, du titre et de la fortune colossale de son père, ancien secrétaire d’Etat aux colonies et lord-lieutenant d’Irlande, il s’est marié en 1895 avec la très fortunée Almina Wombwell, fille naturelle du banquier Alfred de Rothschild.  

Durant son séjour en Egypte pour des motifs sanitaires, Lord Carnarvon se distrait en lisant, en particulier les ouvrages d’égyptologie de Gaston Maspéro. C’est ce dernier qui lui présente en 1907 Howard Carter. Le riche anglais féru d’archéologie, qui a obtenu des concessions de fouilles, souhaite s’appuyer sur un partenaire expérimenté. Les deux hommes effectuent des recherches dans la nécropole thébaine, puis à partir de 1912 dans le delta du Nil. En juin 1914, ils sont à nouveau dans la vallée des Rois : ils s’intéressent à un pharaon mal connu, d’importance mineure, Toutânkhamon. Theodore Davis, ancien mécène de Carter, a déjà retrouvé plusieurs artefacts portant le sceau de ce pharaon dans la concession qu’il détient, mais il a abandonné en 1912, renonçant à trouver le tombeau dont il doute de l’existence. L’opinion générale est que la vallée des Rois a livré tous ses secrets… 

Le début de la Première Guerre mondiale ayant ralenti les excavations, les recherches d’Howard Carter et de Lord Carnarvon prennent de l’ampleur entre 1917 et 1922. Les deux Britanniques explorent méthodiquement le terrain, divisé sous forme de grille, et déplacent des tonnes de terre. Lord Carnarvon, découragé, est sur le point d’abandonner, mais Carter a obtenu quelques mois supplémentaires pour explorer un secteur délaissé par les archéologues car proche du tombeau de Ramsès VI, très fréquenté par les touristes. C’est la dernière chance ! Carter aurait pu ne jamais découvrir le tombeau de Toutânkhamon, mais un miracle se produit au matin du 4 novembre 1922 (un siècle exactement après le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion) : il dégage les marches d’un escalier enseveli sous les gravats liés à la réalisation de la tombe de Ramsès VI. Le soir il se trouve devant une porte scellée. Lord Carnarvon, alors au Royaume-Uni, est contacté par télégramme. Carter attend son retour pour ouvrir l’entrée de la tombe.  

 

Toutânkhamon, le plus célèbre pharaon au monde 

Howard Carter, son mécène Lord Carnarvon et les ouvriers ouvrent les portes de la chambre funéraire (reconstitution faite en 1924 des événements de 1923).

Le 25 novembre, précautionneusement, on commence à ouvrir la porte donnant accès à l’antichambre du tombeau. Carter, tenant une bougie, regarde de l'autre côté. « Well, can you see anything ? » demande Carnarvon, anxieux. « Yes, wonderful things » lui répond Carter. « Les détails de la pièce ont émergé lentement de la brume... des animaux étranges, des statues et de l'or - partout on distinguait le reflet de l'or. ». C’est ainsi que Carter a décrit par la suite sa sensation en entrant dans l’antichambre, dont le mobilier est répertorié et dégagé durant trois mois. En février 1923, on peut accéder à une nouvelle porte, qui est alors ouverte, donnant accès à la chambre funéraire et ses annexes. Lord Carnarvon est présent, mais il ne verra pas les extraordinaires trésors qui avaient échappé aux pilleurs de tombes pendant 3000 ans et qui sont sortis du tombeau durant plusieurs années : il meurt le 5 avril 1923 au Caire. 

La presse internationale s’est alors emparée de cette extraordinaire découverte qui fait les gros titres. Le monde entier se passionne pour cet évènement, on découvre la beauté du masque mortuaire du roi (plus de 9 kilogrammes d'or), les six chars, la cape en peau de léopard, les plateaux de jeu, les arcs, les meubles, les coffres, les chapelles, et bien sûr le sarcophage et la momie… Durant une dizaine d’années, Carter répertorie 5 398 objets funéraires. Les journalistes qui se pressent autour de la tombe, relayés par le public, vont répandre la légende de la malédiction du pharaon, principalement fondée sur la mort de Carnarvon, peu après l’ouverture du tombeau. Cependant, son décès a des causes très prosaïques : de santé fragile, il a été victime d’une septicémie due à une coupure faite en se rasant sur une piqûre de moustique. A part la mort de quelques savants déjà âgés, les ouvriers du chantier n’ont pas été touchés par un vague de décès suspects, pas plus qu’Howard Carter, qui s’est éteint en 1939, 17 ans après la découverte du tombeau. Pas de malédiction surnaturelle ou de miasmes méphitiques issus de la sépulture ! 

Masque funéraire en or de Toutânkhamon.

C’est la découverte de sa tombe qui a rendu célèbre le nom de Toutânkhamon (vers 1345 avant J.-C. – vers 1327 avant J.-C.), quasiment oublié de tous sinon de rares égyptologues. Le règne de cet enfant-roi, fils d’Akhenaton, monté sur le trône à l’âge de 9 ou 10 ans, vers 1335 avant J.-C., n’a guère d’éclat. Ses conseillers, en particulier Aÿ (qui lui succédera au trône) et le général Horemheb, ont gouverné à sa place. Le culte d'Aton, monothéiste, instauré par Akhenaton, est alors abandonné au profit du polythéisme traditionnel autour du dieu Amon. Son nom de naissance de Toutânkhaton, « image vivante d'Aton », a été remplacé par celui de Toutânkhamon. Le jeune souverain meurt accidentellement, d’après les analyses menées sur la momie, alors qu’il est âgé d’environ 18 ans. Grâce à la découverte d’Howard, il est un des hommes les plus célèbres au monde. 

 

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter pour rester informé et recevoir nos offres en avant-première.

OK

Brochures

Découvrez nos brochures gratuites pour suivre l'actualité de toutes nos marques (sans engagement).

Suivez-nous !

Pour suivre l'actualité d'Intermèdes retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :

INTERMÈDES

Qui sommes-nous ?

L'esprit Intermèdes

Nous contacter

Protection des données et cookies

Conditions de vente

Assurances

Partenaires

Nos gammes

Nous rejoindre

SERVICES

Mon compte

Avantages clients

Programme de parrainage

Recevoir la brochure

Inscription à la newsletter

Devis sur mesure

Offrir un voyage culturel

Groupes, entreprises, CE

Hôtels aéroports

Brochure

Nos voyages culturels

Voyages culturels

Conférenciers

Départs garantis

Offres primos

Nouveautés

Dernières places disponibles

Questions fréquentes

Nos articles et chroniques culturelles

Nos thèmes

Circuit culturel

Séjours culturels

Voyages événements

Voyages Premium - ex-Hémérys

Croisières culturelles

Voyages en train

Tempo, rythme modéré

Voyages en famille

Voyages musicaux

Randonnées

Nature et grands espaces

Grandes expositions

Noël et Nouvel An

Journées culturelles

Voyages sur-mesure

Moyens de paiement

Qualité certifiée

Charte de qualité Fevad
Récompense Open to Dialog 2014
Noté 4,8 sur 5 sur Trustpilot
Groupama Assurance-crédit & Caution
Membre du SETO

© Copyright Intermèdes 2024

Mentions légales

|

Crédits

|

Plan du site