Voyage au Vietnam

Aller au Vietnam, c’est s’immerger dans la sérénité d’une Asie immémoriale, une Asie sans arrière-pensées prédatrices, une Asie qui ne demande qu’à vivre de ses croyances, de ses coutumes, de sa mémoire, le tout enrichi d’une nature somptueuse, alors que le modernisme y est plutôt réfléchi et rassemblé dans les grandes villes, surtout à Saigon...

Mille six cents kilomètres du Nord au Sud, le Vietnam présente, pour ses habitants, la forme ondulante d’un dragon. Au Nord c’est le Tonkin d’autrefois avec Hanoï, le fleuve Rouge et son delta, au Centre c’est l’ancien Annam avec la ville impériale de Hué, au Sud, Saigon, qu’on appelle maintenant Ho Chi Minh Ville, capitale de l’ex Cochinchine avec le delta du Mékong. En fait Nord et Sud sont de riches plaines rizicoles, séparées au Centre par une bande de terre de 50 à 500 km de large, faite de collines, hauts-plateaux et montagnes (l’ancienne Cordillère du Siam) qui représentent la colonne vertébrale du dragon.
Pour ce qui est des croyances, à part certaines ethnies minoritaires, les Vietnamiens dans leur ensemble, pratiquent le culte des ancêtres. C’est l’un des fondements de cette société imprégnée de confucianisme, basé sur le respect de la hiérarchie familiale et sociopolitique. La plupart d’entre eux croient aussi aux esprits et prient les Immortels. Nombreux sont ceux qui pratiquent un bouddhisme populaire et, à ce titre, ils se rendent à la Pagode lors des fêtes et processions annuelles. Le catholicisme est la deuxième religion du Vietnam mais loin derrière. Restent le protestantisme et pour finir la religion musulmane. Les fêtes de toutes les religions sont prétextes à cérémonies, défilés, pétards et danses : les vietnamiens aiment la fête.
Ce territoire de la taille de l’Italie, à peu de choses près, a une longue histoire. Le Nord du Vietnam a une frontière avec la Chine. C’est la région des ethnies. Il y en a une cinquantaine, au nombre desquelles les Yao Rouge, les Hmong Noir, les Hmong fleuri, les Tay et les Thaï. Ces minorités ont leurs traditions, leurs costumes, leurs particularités, on les trouve essentiellement dans les montagnes. Certaines sont sédentaires, d’autres nomades. C’est un plaisir de les rencontrer sur les nombreux marchés, revêtus de leurs costumes chamarrés qui les différencient.
On peut commencer le voyage par le Sud ou par le Nord mais quel que soit le choix, ce voyage sera jalonné de clins d’œil au passé colonial.
Saigon, capitale économique du pays, était surnommée « le petit Paris de l’Extrême Orient », au temps de la Colonie. Elle a désormais des airs de Shanghai, Hong Kong ou Bangkok. Mais vous serez émus en parcourant le quartier colonial avec la rue Catinat, aujourd’hui bordée de cafés branchés et de boutiques de luxe, s’étendant de la cathédrale Notre-Dame, jusqu’aux quais de la rivière Saigon. En face, un bâtiment, chef d’œuvre métallique de Gustave Eiffel : la poste centrale. Plus loin, le théâtre municipal et l’hôtel de ville néo renaissance. De la terrasse de l’hôtel Continental, des écrivains comme Roland Dorgelès, André Malraux, Graham Greene ou Albert Londres rédigeaient quelques pages en sirotant un cognac-soda. Evocation qui rend magique l’instant et fait oublier les gratte-ciel. Le quartier Cholon (traduction grand marché) avec le marché Bin Tay qui regorge de plantes, racines, animaux séchés, indispensables à la médecine traditionnelle chinoise est à voir. Au temps de la Colonie, c’était le quartier des maisons-closes, et des bars à opium.
Après une journée dans le delta du Mékong, où l’on fait une petite croisière au départ de Can Tho à la découverte des marchés flottants, on peut aussi faire halte à Sa Dec, la ville où Marguerite Duras passa sa jeunesse et qui était considéré comme le jardin de la Cochinchine, on remonte le long de la côte vers l’Annam, entre mer et montagnes, c’est l’ancien royaume des Champa. Voici Hoi An, ex comptoir de l’Asie du Sud Est, animé par les marchands japonais : vielles maisons en bois de jaquier, apothicairerie, maisons des congrégations, pagodes et une merveille, au cœur de la cité, un pont couvert japonais, daté de 1593, classé au patrimoine mondial de l’Unesco comme toute la ville d’ailleurs. Une étape passionnante.
Non loin, Dalat, station thermale où l’on voit avec émotion tellement il semble près de notre architecture années 1940/50, le palais d’été de l’empereur Bao Dai, inchangé depuis 1945. Les visiteurs vietnamiens s’asseyent sur les fauteuils et se mettent au bureau de l’empereur… petite vengeance ? L’ancienne gare est la copie conforme de celle de Deauville.
Puis vient Nha Trang, huit km de sable fin, plantés de cocotiers. La route est belle en longeant la côte : montagnettes, dunes de sable, pêcheries avec élevage de crevettes et poissons, palmiers, bougainvilliers, manguiers en grand nombre, marais salants, rizières ; tout le monde s’active, s’échine, on pense à une fourmilière. On ressent un vrai désir d’avancer, mais collectivement. Les engins vrombissent dès cinq heures du matin, les femmes avec les palanques chargées de légumes frais arrivent des campagnes pour approvisionner les marchands. Les enfants en uniforme bleu marine et blanc partent à l’école, les jeunes filles en tunique blanche, à vélo, natte dans le dos et coiffées du chapeau conique rejoignent leur lycée. C’est un spectacle charmant. Il y a aussi les troupeaux de vaches, ils sont communaux avec un seul gardien. Elles sont utilisées pour le hersage et sont nourries de paille de riz et d’herbe, les labours étant l’affaire des buffles. Vient My Son, important sanctuaire Cham dont on voit encore quelques 25 temples, Da Nang dont il faut visiter le Musée Cham, fondé en 1915 par l’Ecole française d’Extrême Orient, il renferme des trésors.
La route grimpe alors en lacets jusqu’au col des Nuages (496 mètres). En haut, outre des marchands de fruits délicieux et rafraîchissants, on a une vue imprenable sur l’immense côte léchée par les eaux bleues de la mer de Chine.
Descente vers Hué qui signifie « paix », la ville est baignée par la rivière des Parfums (petite croisière recommandée), elle fut capitale du Vietnam entre 1802 et 1945 (démission de Bao Daï). Là aussi l’émotion est au rendez-vous en visitant les tombeaux des empereurs, la Pagode de Tu Hieu où des petits apprentis bonzes font commerce d’éventails et apprennent le Tai Shi, la Cité impériale ou la Pagode de la Dame céleste. C’est beau et incroyablement serein.
La prochaine étape sera Hanoi. Vous ne manquerez pas la croisière en baie d’Ha Long qui est à 180 km. Les bateaux se faufilent en silence entre les rochers. Il faut se réveiller très tôt, quitte à se recoucher, pour voir le lever du jour avec une lumière lunaire, diaprée, indescriptible, alors que tout dort encore. Vers la baie d’Ha Long terrestre, il n’y a qu’une centaine de kilomètres. En Sampan, au milieu des roseaux, entourés de rochers karstiques, on se laisse dériver délicieusement pendant une heure et demie.
Hanoi conserve un charme qu’on ne trouve pas chez sa rivale du Sud. L’architecture y est traditionnelle et aussi française. L’Opéra, le pont Paul Doumer, la cathédrale Saint Joseph… Il faut voir un spectacle de marionnettes sur l’eau, aller au temple de la Littérature, à la gloire de Confucius, l’un des plus beaux lieux du pays, peut être voir le mausolée d’Ho Chi Minh, à coup sûr visiter le quartier des 36 guildes, les villages d’artisans (porcelaine bleue de cobalt), la Pagode au pilier unique, les lacs... Ce voyage n’est comme aucun autre, est-ce parce qu’une once de notre âme y traine encore ?

I. Aubert

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