Toutânkhamon, à Paris

« Toutânkhamon, le trésor du Pharaon », tel est le nom de l’exposition qui va s’installer du 23 mars au 15 septembre 2019 à la Grande Halle de La Villette. Réception royale organisée par leMinistère des Antiquités égyptiennes et bien évidemment avec le concours du Musée du Louvre, cette exposition réunira plus de cent cinquante objets dont soixante jamais sortis d'Egypte, tous extraits du tombeau de Toutânkhamon et parfaitement conservés.

Invitation à un voyage dans le temps de 3300 ans, dans la région thébaine où notre pharaon du Nouvel Empire, XVIIIe dynastie, délaissant Memphis, avait choisi d'installer sa capitale, sous la protection du dieu officiel, Amon.

Thèbes aux cent portes et les bords du Nil faisaient rêver l'Occident depuis des temps lointains mais c'est l'arrivée de Bonaparte et de l'Armée d'Orient en 1798, accompagnés de savants réunis sous la houlette de Gaspard Monge et l'exécution de relevés très précis qui entrouvre aux rêveurs les portes d'une Egypte fantasmée. L'impact de la parution des neuf cents planches et trois mille dessins de la « Description de l'Egypte », à laquelle s'ajoute la découverte de Champollion en 1822, déclenche un véritable engouement pour le lumière de l'Orient prônée, entre autres, par un certain Eugène Delacroix. Au XIXe siècle, l'égyptomanie et l'esprit de collection sont à leur paroxysme tant chez les particuliers que dans les musées.

Mais revenons à Toutankhamon, jeune homme mort âgé de 18/19 ans qui vivait dans un certain isolement et dont le règne n'eut aucun éclat particulier. Précisons que le mot « Pharaon » vient du mot Per-aa qui signifie grande demeure, il désigne à la fois le pharaon et le palais royal. La fascination qu'exerce le pharaon est en partie due aux artistes et artisans qui ont créé une véritable esthétique du pouvoir. Représentation des divinités sous forme d'animaux qui l'accompagnaient comme Horus le faucon, Nekhbet, la déesse vautour, le chacal, le cobra qu'on retrouve sur le diadème royal… Le fouet doré, le sceptre en crochet, la barbe postiche, six couronnes différentes aux valeurs symboliques, que l'on découvre sur les représentations du souverain en tenue d'apparat, c'est tout ce que nous montrera cette exposition. Mais gardons en mémoire la malédiction des pharaons et revenons vers l'archéologue Howard Carter et le mécène Lord Carnavon. Tous ceux qui ont étudié le corps de Ramsès II portaient des masques de protection, les médecins savaient que les champignons qui proliféraient sur les momies étaient dangereux pour la santé. Dans la croyance égyptienne, la malédiction repose sur l'idée que les morts survivent et peuvent intervenir sur les vivants « pour châtier celui qui aspire à posséder ce qui n'est pas à lui ». Est-ce ce qui est arrivé à Lord Carnavon, mort quatre mois après l'ouverture du tombeau en 1923 ? La découverte quant à elle eut lieu le 4 novembre 1922. Son canari, lui, fut dévoré par un cobra dès l'ouverture et à ce même moment les lumières s'éteignirent au Caire ! Événements fortuits ? Chacun s'en fait une idée... Cette exposition qui va faire grand bruit sera une invitation au voyage et à la découverte des mystères de l'Egypte ancienne.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de La Villette.