Spectaculaire Second Empire, 1852-1870 - Une exposition à voir au Musée d'Orsay

Tous les arts participent à l'exposition du Musée d'Orsay qui retrace la vie quotidienne, les fêtes, les progrès, les changements qu'imposa le pouvoir pendant le Second Empire. C'est toutefois au château de Compiègne que les amateurs de peinture pourront voir les toiles de Winterhalter, portraitiste favori de l'impératrice Eugénie, parmi quelques 33 tableaux plus fastueux les uns que les autres.

Le Second Empire, c'est un peu l'époque du « néo » dans l’art : néo-Renaissance avec le château des Rothschild à Ferrières, néo-Gothique à Pierrefonds ou Carcassonne, grâce à Viollet-le-Duc, néo-Antique un peu partout. On pourrait croire cette période incapable d'inventer un style propre et pourtant…
L'Empire de Napoléon III ne dure que 18 ans (1852-1870). Or, si à l'intérieur il se manifeste par des bals, des fêtes, des feux d’artifice, par l'éclat qui flamboie à Saint-Cloud, Compiègne, Fontainebleau ou aux Tuileries, perpétuelle fête impériale, si bien décrite par E. Zola dans la série des Rougon-Macquart, il commence par un coup d'état qui fit 300 morts (2 décembre 1851) et finit par le désastre de Sedan (2 septembre 1870). Entre ces deux dates, se développe le Chemin de fer, l'Imprimerie et la papeterie, se construit, avec le baron Haussmann, un Paris qui fait encore rêver avec ses vastes perspectives, l'Opéra de Charles Garnier, l'Hippodrome de Longchamp, la station de Deauville (sur 240 ha de marécages) et la ville du Vésinet grâce au duc de Morny (demi-frère de l'Empereur), président du Corps législatif, jouissant d'une autorité naturelle très utile à Napoléon III, le Crédit Foncier en collaboration avec les frères Péreire… Toujours grâce à Charles Auguste de Morny, les libertés sociales sont accrues, les premiers syndicats ébauchés avec un droit de grève, est rétabli le droit d'adresse permettant la discussion des projets de lois ainsi que la Tribune des Orateurs. Le percement du Canal de Suez, sous la direction de Ferdinand de Lesseps est favorisé par l'Empereur. Au plan politique, comme au plan esthétique ce qui prévaut au Second Empire c'est l' éclectisme, sans oublier l'Exposition universelle de 1867 à l'occasion de laquelle quatre cents bals officiels sont donnés. L'exposition du Musée d'Orsay montre l’ivresse décorative qui s'empare des intérieurs. Les tapissiers pullulent multipliant les passementeries, les capitons pour les sièges, les franges, glands, rideaux, baldaquins, soies et satins tels que les adorait Eugénie de Montijo, tout comme elle était férue de chinoiseries.
Il faut aller à Orsay, voir ce panorama d'une époque qui se redécouvre avec des noms qui flamboient encore de nos jours comme Christofle, Mellerio dits Meller, Reiber, Frémiet, Louis Constant, Jacob, Baudry, Baccarat etc .

En savoir plus, consultez le site du Musée d'Orsay

I.Aubert