Moi, Auguste Empereur de Rome…

La France encore une fois rend hommage à l’Antiquité avec une nouvelle exposition, dans la droite ligne de celle présentée au Louvre il y a déjà plus d’un an et qui célébrait Alexandre le Grand. 

C’est le Grand Palais qui va nous la présenter, du 19 mars au 13 juillet 2014 avec des chefs-d'oeuvre de l'Empire Romain : sculptures, trésors d'argenterie, mobilier et peintures provenant des plus grands musées, la reconstitution d'une villa pompéienne et de tombes découvertes en Gaule, le superbe Auguste de Prima Porta du Vatican, le Trésor de Boscoreale, etc. Les lieux de pouvoir et les luttes pour sa conquête resurgiront aussi grâce aux ensembles architecturaux remontés et aux portraits des plus célèbres patriciens. Cette exposition historique célèbre le bimillénaire de la mort de l’Empereur de manière grandiose grâce à des prêts exceptionnels et des mises en scène uniques. Elle rappelle la conquête du pouvoir puis l’effervescence artistique et architecturale (très influencée par la Grèce) qui règne sous Auguste et ce jusque dans les Provinces de l’Empire romain qui connaît enfin un temps de paix.
Auguste est le premier empereur romain après la République et c’est sous son long règne (40 ans !) que l’Empire connaîtra son âge d’or à tous les points de vue, y compris artistique et même marketing si l’on peut dire car le fils adoptif de César était également un excellent communiquant !
Son nom ? Caïus Julius Caesar Octavianus Augustus, 63 avant J.-C. – 14 de notre ère, désigné par César pour lui succéder et qui, âgé de 19 ans à la suite de l’assassinat de son père adoptif, rentre à Rome pour revendiquer son héritage.
César est un surnom romain à connotation de chef qui est devenu titre en l’honneur de Jules César, titre de l’empereur romain, titre de l’héritier du trône. Le César dont nous parlons a vécu de 100 à 44 avant J.-C., il était issu d’une famille patricienne et avait un fort penchant pour la politique mais aussi pour la gloire et pour l’argent ! C’est lui qui a étendu le protectorat romain à presque toute la Gaule. Et c’est bien Vercingétorix qui lui inflige l’échec de Gergovie et lui rend les armes à Alésia. Jules César était un conquérant et il tira une grande gloire de cette Guerre des Gaules dont il fut aussi le narrateur. Pendant ces campagnes, Rome sombre dans l’anarchie… Ce même Jules César se leva contre Rome et le consul Pompée, en franchissant le Rubicon autrement dit en préférant la révolte. Maître de l’Italie deux mois après, il triomphe de Pompée à Pharsale, en 48 et devient maître absolu de l’Empire puis dictateur à vie en 44. Malheureusement il sera assassiné aux ides de mars 44.
Auguste lui succède donc, c’est un champion de la négociation, un as du non-dit et le prince de l’habileté. Revêtu de « l’impérium », il vainc Antoine à Actium, occupe la Grèce, l’Asie et annexe l’Egypte. Seul à la tête du monde romain, il remet l’état en ordre, remet au Sénat la République restaurée par ses soins. L’Assemblée lui confie le gouvernement de plusieurs provinces et lui décerne le titre d’Auguste.
En politique extérieure, Auguste préfère aux conquêtes la sécurité des frontières. Il emploie aussi bien l’action diplomatique que militaire. La seule entreprise offensive de son règne, la conquête de la Germanie jusqu’à l’Elbe se solde par l’échec de Quintilius Varus : La frontière est ramenée au Rhin désigné par Auguste comme les bornes de l’Empire. Auguste est un homme de paix qui a élaboré l’ordre dans un monde ébranlé par un siècle de guerres civiles. Il a développé un ordre monarchique derrière une façade républicaine. Il a promu une classe de grands commis dévoués au prince, il a fondé une société sur des bases morales et religieuses nouvelles et a opéré des remaniements idéologiques dont les écrivains de son « siècle », Virgile et Horace multiplient l’écho.
Mais il faut bien arriver à parler de la Ville éternelle, Rome, qui distille au fil de ses ruines une émotion inoubliable et qui, à l’image d’un arbre qui produit des cercles concentriques de l’écorce au cœur, livre au visiteur l’histoire de sa vie longue de plus de 2600 ans !
D’abord agglomération de plusieurs villages installés de façon précaire sur les collines, à l’abri des inondations périodiques que le Tibre étalait dans les bas-fonds, Rome n’était que prairies occupées par des bergers et leurs troupeaux. C’est là que s’insère la légende de Romulus qui perdure encore… Toujours est il que Romulus arrive par le plateau de l’Esquilin en poussant son troupeau. Il sait qu’il va bientôt parvenir au Tibre, il aperçoit la longue crête de ce qui sera le Janicule, mur au-delà duquel tombe le soir. Ce sera l’horizon de sa ville vers le couchant. Les collines de l’Aventin et du Palatin formaient comme deux citadelles sur la rive gauche du Tibre et Romulus choisit le Palatin pour y installer le premier noyau du peuple qui marquera l’histoire de l’humanité d’une empreinte indélébile. C’est ainsi que Rome naquit du mariage de la terre et de l’eau.
Le Tibre régnait et l’on craignait ses colères comme en témoigne une ode d’Horace écrite au temps d’Auguste. Sur les collines et plus particulièrement sur le Capitole, régnait un dieu, Jupiter.
Au moment où commence la République, en 509 av. J.-C., Rome était protégée par un système de fortifications mais elle ne s’étendait pas à la rive droite du Tibre. C’est Auguste qui l’intégrera à la ville administrative, la vie urbaine demeurait centrée sur le Forum. L’enceinte d’Aurélien (272 de notre ère), montre les limites de la ville antique, celle d’Auguste.
En conclusion, Auguste a laissé une image de paix, de prospérité et de traditions. Mécène, un de ses conseillers consacra sa fortune aux arts. On le dit patron des poètes et Horace lui a souvent rendu hommage dans ses écrits. Le siècle d'Auguste est donc resté marqué par la culture à travers les siècles... L'exposition propose la (re)découverte du "siècle d'Auguste", un retour à la civilisation romaine du début de notre ère.

I. Aubert

© Paris, RMN-Grand Palais