Le Palio, une passion siennoise

Les 29 juin et 13 août, commencent les 4 jours passionnés du Palio. Tirage au sort et choix des « Contrade » se succèdent. Pendant 2 jours, on sélectionne 10 demi-sang parmi une centaine de chevaux proposés, arrive enfin la tratta, instant où toute la ville bascule dans l’irrationnel. Un tirage au sort, attribue un cheval à chacune des « Contrade ». Riche ou pauvre, celle qui « tire » un bon cheval bascule dans l’hystérie et ses autorités peuvent alors déterminer les stratégies censées la conduire à la victoire. 

A Sienne les « Contrade » ne sont pas des quartiers, mais des petits territoires regroupés autour d’une église et d’une maison commune. Dès le XIe siècle, diverses compétitions étaient organisées dans la ville, parmi elles, une course de chevaux non montés dans les rues, dite alla lunga, s’impose. Ensuite les chevaux sont montés à cru et leurs jockeys adoptent les couleurs des Contrade qui s’identifient à des animaux totémiques. En 1597, un premier palio alla tonda se court sur la Place du Campo et supplante le palio alla lunga.
D’environ 80 au Moyen-Age le nombre des « Contrade » diminue peu à peu. Elles levaient  des compagnies militaires durant les guerres et assuraient l’ordre public et le lien social en temps de paix. A la fin de la République siennoise en 1559, le Palio va incarner l’esprit d’indépendance de Sienne face à la domination détestée du grand-duché de Toscane et des Médicis.
Violante-Béatrice de Bavière, nommée gouverneur de Sienne par le grand-duc, aime sincèrement la cité. Elle va réformer le Palio en limitant à 17 le nombre des « Contrade » et en délimitant leurs territoires. Cette réforme de 1729 est toujours d’actualité. Tous les ans, se courent 2 Palii. Celui du 2 juillet créé en 1656, est dédié à la Madone de Provenzano et celui du 16 août est consacré à la Madone de l’Assomption depuis août 1310.
Sur le Campo, la piste n’est pas large et sur les 17 « Contrade », seules 10 tirées au sort peuvent courir. 
Les 29 juin et 13 août, commencent les 4 jours passionnés du Palio. Tirage au sort et choix des « Contrade » se succèdent. Pendant 2 jours, on sélectionne 10 demi-sang parmi une centaine de chevaux proposés, arrive enfin la tratta, instant où toute la ville bascule dans l’irrationnel. Un tirage au sort, attribue un cheval à chacune des « Contrade ». Riche ou pauvre, celle qui « tire » un bon cheval bascule dans l’hystérie et ses autorités peuvent alors déterminer les stratégies censées la conduire à la victoire. 
De grosses sommes d’argent sont engagées pour s’offrir le meilleur jockey et pour « acheter » des « Contrade » qui pensent n’avoir aucune chance. Il faut vaincre mais aussi, faire perdre la « Contrada » ennemie. Tous les soirs, les « contradaioli » dînent dans la rue principale en chantant des hymnes propitiatoires censés conjurer le sort.
Suivent deux jours de courses d’essais durant lesquels on teste les chevaux. La veille de la course un grand banquet a lieu sur la place de la « Contrada », il est présidé par le cheval et le jockey embauché  présenté aux contradaioli.
Le jour de la course, tôt le matin, la messe des jockeys est célébrée sur le Campo. Une ultime course d’essais précède la bénédiction du cheval et de son jockey dans l’église de la « Contrada », le long défilé historique commence. Parée des plus beaux costumes à ses couleurs héraldiques, la Contrada défile avec son cheval, ses lanceurs de drapeaux et ses tambours. Ce n’est pas un défilé folklorique mais un hommage passionné des Siennois à la  glorieuse histoire de leur cité. Sur un char de parade est exhibé le Palio, l’étendard de soie tant convoité.
L’entrée des chevaux sur la place se fait au milieu des hurlements de la foule. Un dernier tirage au sort dicte la position des chevaux sur la ligne de départ. Seuls 9 d’entre eux s’alignent, le 10ème, appelé rincorsa, placé en arrière donne le départ. Il a peu de chance de gagner et se vend au plus offrant. Les tractations précédentes remises en cause par le tirage au sort obligent les jockeys à passer de nouvelles alliances. Lorsque le départ est validé, la course dure moins de 2 minutes. 
La « Contrada » victorieuse bascule dans la folie et s’empare du palio pour aller l’offrir soit à la Madone de Provenzano soit à la Madone du Vœux dans la cathédrale, dans un délire collectif qui n’a rien de religieux ! Les jours suivants, les vainqueurs défilent dans toute la cité au son de leurs tambours. De nombreux repas sont organisés jusqu’à la fête de la victoire qui a lieu à l’automne, c’est un grand banquet présidé par le cheval qui se déroule sur la grande place de la « Contrada » dans une mise en scène grandiose.
La vie des « Contrade » ne s’arrête pas à la fin des 2 Palii. L’année durant, elles remplissent avec conviction leur rôle social et culturel.
Le Palio n’est pas une attraction touristique mais une liturgie profane et irrationnelle qui incarne l’attachement viscéral des Siennois à leur cité. 

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