Hodler, Monet, Munch - Une exposition à voir au musée Marmottan Monet

Tout a commencé avec les découvertes accomplies en physique et chimie dans la première moitié du XIXè siècle. Eugène Chevreul, en particulier, éminent chimiste, publia, en 1839, une théorie intitulée « De la Loi du Contraste Simultané des Couleurs... » Nul doute que les trois peintres présentés au Musée Marmottan jusqu'au 22 janvier, en ont eu vent et même ont fait des recherches sur ces nouvelles connaissances autour de la lumière qui les fascinait au point de les obséder.

Ce qui rassemble les trois artistes contemporains, un Suisse, un Français et un Norvégien, c'est qu'ils vivent dans un monde en mutations politiques, sociales, techniques – incroyable XIXè siècle - qui affectent forcément leur mode de vie et, bien sûr, leur processus créatif.
Entre « Impression, Soleil Levant » (1872) qui donna son nom à l'école dont Monet est le chef de file, et « La Barque » en 1887, un des chefs-d’œuvre de l'exposition (bien qu'assez mal éclairé), quinze années de doutes, de recherches, sur des phénomènes tels que l'incidence de la lumière sur la pierre (cathédrale de Rouen) ou sur des meules de foin, qui ont conduit Claude Monet jusqu'aux Nymphéas, au comble d'un modernisme qui aboutit à un début d'abstraction.
En 1895, Monet fait un voyage de deux mois en Norvège, y croisa-t-il Munch ? Sans doute pas. Dans une lettre adressée à sa femme, Alice, à propos d'une toile intitulée « Les Maisons Bleues » il fait état des difficultés qu'il y rencontre à peindre la neige, et des souffrances physiques que la réflexion du soleil lui inflige... Cette toile et d'autres, exécutées au cours du même séjour, figurent dans l'exposition.
La quête qui consiste à représenter l'impalpable, Monet l'a partagée avec Hodler (son cadet de dix ans) comme on le constate avec éclat, dans les paysages peints par le Suisse après 1900, face aux montagnes alpines et au lac Léman. La jouissance de la couleur indépendamment du motif explose dans la neige, l'eau, le ciel, le soleil ! C'est un travail que l'on devine aussi chez Edvard Munch qui professait une semblable fidélité à ce qu'il voyait, mais servi, chez le Norvégien, par une touche plus large, toute en grands mouvements qui soulignent les nuances de couleurs et ne manque pas parfois de rappeler certaines toiles de Van Gogh, l'un de ses maîtres.
Un autoportrait des trois artistes dès la première salle donne le ton. Monet affiche un calme olympien sur un fond bucolique, Hodler triste et d'une touche très moderne se révèle marqué par la mort prématurée de sa compagne quant à Munch, miraculé de la grippe espagnole il fait montre d'un talent réaliste qui suggère une nouvelle manière très … expressionniste.
- Un grand nombre des toiles sont montrées pour la première fois en France, grâce aux prêts du Musée d'Oslo, et aussi de collections particulières suisses, l'enchantement est réel et multiple, et l'écrin qu'offre le Musée Marmottan-Monet, posé au bord du jardin de la Muette, toujours aussi séduisant.

I.Aubert

En savoir plus, consultez le site du musée Marmottan Monet