Tanzanie - Les Masaï

Déambulant nonchalamment enveloppés d’un drapé rouge, une lance ou un long bâton à la main, les masaï n’en finissent pas de nous fasciner. Originaires d’Ethiopie, les Masaï sont des éleveurs dont les valeurs primordiales sont la bravoure, le courage et le combat.

Ils se nourrissent principalement de lait et de sang qu’ils prélèvent en tirant à bout portant une flèche dans la veine jugulaire de l’animal sans le tuer. Toute l’organisation sociale et la vie traditionnelle des Masaï est organisée autour du bétail, qui constitue leur principale source de nourriture. La richesse d’un Masaï est déterminée par le nombre de vaches qu’il possède. L’enrichissement de certains provoque ainsi une augmentation des troupeaux et du surpâturage. Les Masaï affaiblis au XIXème siècle par la peste bovine, dépossédés de la plus grande partie de leurs terres traditionnelles, vivent aujourd’hui à la périphérie des parcs nationaux comme le Masaï Mara ou Amboseli. Ces terres n’ont pas été exploitées par les fermiers blancs en raison de la présence de la mouche tsé tsé porteuse de la trypanosomiase africaine (maladie du sommeil).
La vie des Masaï est conditionnée par leur appartenance à une classe d’âge. On en distingue cinq. Le passage d’une classe à l’autre est accompagné de rites initiatiques. La plus célèbre d’entre elles étant celle des moranes, ces élégants guerriers aux cheveux longs et tressés qui arpentent la savane avec grâce.
Les Masaï vivent dans des villages appelés « boma » ou « manyatta ». Leurs huttes rondes sont fabriquées à l’aide de branches entrecroisées qui sont ensuite recouvertes avec de la boue et de la bouse de vache. Une fois séchée au soleil, la structure devient dure et résistante. Les maisons sont organisées en cercle dans le village protégé par une barrière d’acacias aux impressionnantes épines pour éviter les incursions des prédateurs et en particuliers des lions. Le soir le bétail est rentré au cœur du village. Le troupeau occupe alors toute la place et il devient difficile de circuler dans le village. Au petit matin, une fois le troupeau sorti, les femmes ramassent la bouse de vache qui servira à confectionner ou réparer les habitations. Les maisons sont toutes construites de la même manière : une pièce où les invités peuvent discuter, une pièce pour les chevreaux ou les veaux, la pièce principale où il y a le feu pour cuire les aliments et les nattes pour dormir, posées par terre. Cette pièce est toujours enfumée car il n’y a pas de cheminée et le feu est fait à même le sol.
Les Masaï font face aujourd’hui à de nouveaux besoins, envoyer les enfants à l’école voire au lycée et très rarement à l’université, acheter un vélo ou un pick-up, un téléphone portable. L’accueil des touristes avec visite du village contre un droit d’entrée, avec danses et ventes d’artisanat est devenu une activité économique à part entière qui permet d’obtenir du numéraire. La visite rend souvent mal à l’aise et donne l’impression d’un village reconstitué pour les touristes tant on est renvoyé dans le passé avec ses flaques d’urines de vaches, de bouse et de mouches. Cet aspect semble peu conforme à la vision romantique d’un peuple de fiers guerriers, pourtant c’est là que vivent les Masaï profondément attachés à leurs traditions et à leurs troupeaux que leur a donné leur Dieu Ngaï. C’est justement parce qu’ils ont gardé ce mode de vie, résisté à la colonisation, refusé l’agriculture, qu’ils ont conservé leurs traditions. Tant qu’ils ne vivront d’une quelconque aide sociale, les Masaï resteront des Masaï .

Conférencier