Sérénissime ! Venise en fête de Tiepolo à Guardi - Une exposition à voir au musée Cognacq-Jay

C'est au musée Cognac-Jay, au coeur du Marais, que se tient cette charmante exposition. Et c'est dans un bel hôtel du XVIIIe siècle, au milieu d'un quartier qui en compte tant et plus, que vous êtes conviés à partager les fastes, les décors, les costumes, les spectacles de rue, les opéras et autres comédia del arte de la Sérénissime. A l 'époque des Lumières, tous les prétextes sont bons pour célébrer : saints du calendrier, apologie d'un prince régnant, manifestations publiques ou privées, inauguration d'un théâtre, d'un opéra, alimenté en castrats par Naples, accueil d'un artiste, d'un grand de ce monde, tout fait fête !

Née en 421, selon la tradition, Venise a connu, à partir du Moyen Age, une ascension territoriale, politique et culturelle vertigineuse. Puis le déclin s'amorce au XVIe siècle où il ne reste que l'ombre de sa gloire passée. Il faudra attendre la fin du XVIIIe, l'abdication du doge Ludovico Manin face aux troupes du général Bonaparte pour que soit mis un terme à un millénaire d'existence de la République sérénissime. Mais pour le peuple vénitien fier et conscient de l'identité originale de sa cité, point de chagrin ! D'ailleurs la ville connaît la paix, ce qui bénéficie à l'économie et à la culture. Venise est prospère !
En parcourant les quatre salles de ce petit musée, l'histoire de ces festivités nous est contée à l'aide de tableaux de ces peintres italiens du XVIIIe que nous aimons tant ! Tiépolo d'abord, avec la redécouverte d'un chef d’œuvre, restauré pour l'exposition : Le Banquet de Cléopatre. Cette toile, acquise lors de la vente de la collection de la princesse Mathilde Bonaparte en 1904, révèle toute la finesse, la transparence, la délicatesse de la touche du Vénitien que l'on qualifie de « rococo ». Pietro Longhi, véritable reporter de la vie vénitienne du XVIIIe. Guardi, célèbre pour ses vues de la lagune, ses vedute, d'une précision inouïe, présente ici un tablerau prêté par le musée de Grenoble. La toile représente la place Saint-Marc avec le doge Alvise IV Moncenigo, porté au milieu d'une confusion de populace qui se presse tandis que des tentures pendent aux balcons, chatoyantes de couleurs d'une incroyable fraîcheur, qui n'appartient qu'à la palette de cet artiste, fils et frère de peintres, né et mort à Venise.
Grandes soirées, bals, concerts que l'on devine dans les palais, à travers les fenêtres, alors que la population danse et joue sur les places et les placettes.
Mentionné pour la première fois en 1094, le Carnaval de Venise revêt, à partir du XVIe siècle, un aspect volontiers cosmopolite, attirant des étrangers venus de toute l'Europe pour prendre part aux réjouissances publiques comme privées.

I.Aubert

Pour en savoir plus, consultez le site du musée Cognacq-Jay.