La Corée, vraiment ?

Bien sûr la Corée ! Ce pays occupe une place importante dans l'histoire de l'Asie, son économie est vigoureuse et sa vie culturelle dynamique. Et malgré ces atouts, elle nous est presque inconnue ! Il est temps de s'y intéresser : de mettre nos pas dans ceux de l'« Année France – Corée », d'assister à quelques événements, voir des expositions, puis finalement ne pas résister à aller sur place.

Visiter ce petit pays et se retrouver au milieu de paysages incroyables, faits de montagne (70%) et de plaines côtières qui portent des rizières. Voir Séoul, ses palais royaux entourés de jardins et d'étangs romantiques. Contempler des monastères bouddhistes et des monastères confucianistes, des musées et sites historiques, des temples et des pagodes, parsemés dans une nature où règnent le calme et la sérénité, admirer le littoral sauvage et pittoresque qui borde la mer Jaune et la mer de l'Est.. C'est bien ce qu'annoncent, en manière de mise en bouche les « Cinq siècles de peinture de Corée » que nous propose jusqu'au 22 février 2016, le Musée Guimet, sous le titre de « Tigres de Papier ». Cinq siècles qui affichent la détermination de la Corée à rester elle-même et expriment la juxtaposition de ses traditions et le maintien d'un idéal confucéen à l'abri des turbulences de tous ordres.

Les cinq siècles vont du XIVè au XXè, avec un âge d'or pour les XV et XVIè. C'est donc là un voyage dans le temps qui démarre avec la dynastie Choson (1392/1910) exceptionnelle par sa longévité. A travers ces siècles,l'ombre de la Chine lui fait un bouclier protecteur mais n'efface pas la personnalité du pays qui se note par un goût accentué pour les choses de la nature, l'attachement aux diverses traditions et un sens de la simplicité qui le caractérise. Au XIVè siècle est instauré l'alphabet coréen qui marque définitivement son identité. La Corée Choson affiche un royaume lettré comme en attestent les peintures de paysages et d'animaux de l'époque. Après la tentative de conquête japonaise puis chinoise (fin XVIè), la peinture Choson montre un aspect mystérieux, plus figé avec l'apparition du bambou et de la branche de prunier. Viennent ensuite les Monts de diamant, premier exemple de paysages coréens d'après nature. La peinture, très aristocratique, connaît alors son apogée. Enfin aux XIX et XXè siècles, le pays est confronté à la modernité et vit une période de bouillonnement tout en agissant selon ses propres règles c'est à dire en maintenant l'idéal confucéen, à l'écart des turbulences qui s'emparent de l'Asie du nord-est.

En dehors du Bouddhisme et du Confucianisme, il existe un chamanisme en Corée. C'est un ensemble de pratiques magiques chargées de mettre en relation les hommes, les esprits et la nature. Ses racines sont très anciennes,elles remontent au moins au temps des Trois Royaumes et leur origine se situe sans doute en Sibérie, autour du lac Baïkal. Les chamanes sont souvent des femmes, et en période d'épidémie, le Palais y faisait souvent appel. Dans la peinture, le chamanisme surprend par la vivacité de ses couleurs et sa fraîcheur.

Dans le bestiaire imaginaire coréen, il y a le tigre que le bouddhisme place au côté de Sansin, le dieu de la montagne. Le dragon est associé au pouvoir et à la monarchie, il est le maître des pluies, on le voit en symbole de l'énergie du monde et de la nature et entouré de nuages. Au XVIIIè apparaît le phénix dont l'image se multiplie sur les porcelaines bleu et blanc, il est élégant et sert de messager entre les sphères célestes et le niveau terrien. Le paysage existe dans les peintures murales du temps des Trois Royaumes (1er – VIIè siècle) sous forme de scènes de chasse à travers la montagne représentée par des vagues. Au XVIIIè siècle le paysage s'éloigne du modèle chinois avec la peinture d'après nature, on y reconnaît les sites célèbres comme les Monts de diamant. C'est à cette époque que l'on voit apparaître les paravents aux livres qui ornent les intérieurs des lettrés. Leur décor venu de la cour de Pékin, puis transmis à la Corée par les jésuites, est imprégné de Confucianisme. La perspective leur donne l'aspect d'un trompe l’œil tout en conservant une sobriété que l'on retrouve dans le mobilier et la céramique. En Corée, tout lettré est fonctionnaire, le système confucéen des concours est omniprésent et exige le bon maniement du pinceau, la connaissance des classiques chinois et de la calligraphe. Et le portrait ? Le portrait est sobre, austère et reflète le caractère humain. L'homme est représenté dans son habit de fonction, de face et parfois en buste.

On voit de nombreux paravents au XIXè, ils atteignent parfois des proportions majestueuses et témoignent d'un goût pour l'abstraction ornementale qui s'alimente au répertoire animalier ou floral. L'artiste Kim Chun-Kun (seconde partie du XIXè siècle) a livré, sous forme de dessins, une véritable encyclopédie des mœurs, des métiers, de la vie quotidienne, des cérémonies bouddhiques qui nourrit bien l'esprit du visiteur étranger.
Au Panthéon bouddhique, qui dépend du Musée, situé 19, avenue d'Iéna, il est recommandé de voir un « Intérieur coréen », où sont présentés des meubles de marqueterie réalisée en broderies cloisonnées, pour les parties ajourées. C'est l’œuvre de l'artiste In-Sook, issue d'une lignée de brodeuses et passionnée de cet art. Vous y découvrirez, entre autres, une somptueuse robe de mariage portée par les femmes de la cour.

I. Aubert

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