Henri Matisse, anecdotes et portrait aux prémices de l'exposition Matisse au centre Pompidou

D’Henri Matisse, Guillaume Apollinaire écrivait en 1907: « Tout tableau, tout dessin d’Henri Matisse possède une vertu qu’on ne peut toujours identifier, mais qui est une force véritable…. Si l’on devait comparer l’œuvre d’Henri Matisse à quelque chose, il faudrait choisir l’orange. Comme elle, l’œuvre d’Henri Matisse est un fruit de lumière éclatante... ».

Né en 1869, Henri Matisse est une des figures majeures de l’art français du XXe siècle. Il laisse à sa mort, en 1954, une œuvre riche en peintures, dessins, découpages, collages, lithographies, gravures, sculptures… Dès ses débuts, Matisse intéresse le milieu artistique : exposé par les plus grands galeristes parisiens (Berthe Weil, Ambroise Vollard, Paul Guillaume, Paul Rosenberg), ses œuvres intègrent les collections des amateurs les plus avant-gardistes, dès 1905 celle des américains Gertrude et Léo Stein, avant celle d’Albert Barnes.

Il participe à de nombreux salons dès 1896, mais c’est en 1905 qu’il expose au Salon des Indépendants puis au Salon d’Automne, connu sous le nom de Salon des Fauves. C’est à partir de ce moment, qu’à côté de ses amis Albert Marquet, André Derain et Maurice de Vlaminck, il s’affirme comme le chef de file du Fauvisme, mouvement révolutionnaire, dont Matisse disait qu’il « secoue la tyrannie du divisionnisme ». Les séjours entre 1906 et 1913 au Maroc et en Algérie, puis ceux sur la Côte d’Azur à partir de 1916-17 sont déterminants : il use alors de couleurs pures, plates, cernées de noir… simplifie les formes dans lesquelles l’arabesque s’impose en tant qu’expression graphique. Matisse peint des paysages, des natures mortes, des portraits, des nus, et des odalisques durant la décennie 1920 : somptueux et alanguis, des corps de jeunes femmes parés d’accessoires orientaux, décors aux couleurs chatoyantes.

À partir de 1900, Matisse travaille le modelage et la sculpture sous la direction d’Antoine Bourdelle. Nourri d’un souci de stylisation et de monumentalité, l’artiste réalise, en 1924, en ronde bosse, le Grand nu assis, puis entre 1909 et 1930, cette fois en bas-relief, la magnifique série des quatre Nus de dos, en plâtre qui ne sera fondue en bronze qu’après sa mort.

Dès 1908, la reconnaissance internationale lui vaut d’être invité à Moscou, Berlin, Munich et Londres, en 1913 à New York à l’Armory Show, où il incarne, avec Marcel Duchamp et Francis Picabia, l’art moderne ; plus tard encore de très nombreuses rétrospectives à New York, Copenhague… Il réalise quelques uns de ses chefs d’œuvre pour de prestigieux commanditaires russes, comme Sergueï Chtchoukine qui lui commande en 1909 deux toiles : La Danse et La Musique, Salon d'automne en 1910, installées l’année suivante à Moscou. En 1920, Serge Diaghilev et Igor Stravinsky lui demandent des costumes et des décors de théâtre pour le ballet Le Chant du rossignol. Quelques années plus tard, il réalise pour les Ballets russes de Monte-Carlo de nouveau des décors et costumes. En 1930, Matisse rencontre le milliardaire américain Albert Barnes qui passe commande, pour sa fondation à Merion, près de Philadelphie. L’artiste reprend le thème de La Danse, avec pour contrainte d’adapter son œuvre à un cadre architectural imposé. Il en réalisera trois versions, dont deux se trouvent au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.C'est durant cette réalisation que Matisse invente sa technique des « gouaches découpées ».

Matisse est aussi théoricien de l’art, il laisse des interviews et de nombreux textes, notamment dans la série Jazz, ouvrage réalisé entre 1943 et 1946, en vingt planches en couleurs réalisées avec la technique de la gouache découpée, à propos de laquelle il disait « Le papier découpé me permet de dessiner dans la couleur. Il s’agit pour moi d’une simplification. Au lieu de dessiner le contour et d’y installer la couleur – l’un modifiant l’autre -, je dessine directement dans la couleur, qui est d’autant plus mesurée qu’elle n’est pas composée. Cette simplification garantit une précision dans la réunion des deux moyens, qui ne font plus qu’un ». En 1943, Matisse emménage à Vence. En 1946, il réalise des cartons de tapisserie. En 1949, il commence la décoration d’une chapelle, construction modeste érigée par Auguste Perret pour les sœurs dominicaines. La Chapelle du rosaire lui demandera quatre ans de travail assidu pour réaliser vitraux, figures saintes, chemin de croix et vêtements sacerdotaux. Matisse considérera cette contribution à l’Art sacré comme le « chef-d'œuvre de son existence ».

Matisse a toujours beaucoup travaillé. Il reprit chaque œuvre, simplifia, dépouilla, épura presque jusqu’à l’abstraction. Son influence sur l’art du XXème siècle est considérable, particulièrement dans l’École de New York, avec Rothko… Nombreuses de ces œuvres abouties comme de nombreuses études, fusain ou estompes, font partie des œuvres présentées dans les collections du musée Matisse du Cateau-Cambrésis, sa ville natale, et dans le musée Matisse de Nice à visiter notamment dans le cadre de notre circuit consacré à la Côte d’Azur des artistes.

Du 13 mai au 31 août 2020 et à l'occasion du cent-cinquantième anniversaire de la naissance d’Henri Matisse, découvrez l'hommage rendu à Matisse par le centre Pompidou au travers d’une exposition réunissant ses œuvres incontournables. Plus d'informations sur le site de centre Pompidou.