Mons, capitale européenne de la culture 2015

Capitale européenne de la culture 2015 ? C’est la cerise sur le gâteau qu’est la ville de Mons, déjà capitale culturelle de Wallonie en 2002 !
Mais qu’est-ce que la Wallonie ?

A l’origine, une région constituée de comtés et de principautés (Mons est l’ancienne capitale des comtes de Hainaut), elle porte un nom donné par des érudits au XVè siècle, en référence à la langue qu’on y parle alors. Mais avant ? Il faut savoir que Jules César en personne, est venu en Wallonie et qu’il a imposé le latin à ces peuples regroupés sous l’appellation de Celtes. Le Latin mélangé au Celte a donné le Wallon. Mais on y parle aussi le lorrain, le picard et le champenois. Il aura fallu attendre le XIXè siècle pour que le « Wallon » devienne le Belge francophone et le XXè pour que la Wallonie acquière une autonomie politique au sein du jeune Etat belge.

Vallée de la Meuse que rejoint l’Escaut, de la Sambre, forêt des Ardennes, (« La plus grande forêt de Gaule » disait Jules César), plateaux du Hainaut et j’en passe, c’est un territoire magnifique qui recense quelque 139 monuments, sites et ensembles architecturaux et archéologiques. Parmi ceux-ci, un chapelet de châteaux, d’abbayes et de parcs, de vieilles villes méconnues qui ont en commun une histoire celte, romaine et carolingienne, mouvementée et la volonté de séduire. Il faut aussi citer le Canal du Centre reliant les trois fleuves, voulu par Napoléon, exécuté sous régime hollandais et inauguré en 1832 par la Belgique indépendante. Il est équipé de quatre ascenseurs à bateaux hydrauliques qui font partie du patrimoine mondial de l’Unesco.

Entre les villes de Nivelles, Namur, Liège, Mons et TournaI, il existe un point commun qui exploite la célèbre tradition des orfèvres mosans : des trésors fabuleux de reliquaires. Autre point commun à ces villes, le beffroi, qui s’élève au dessus des maisons anciennes offrant avec le clocher des églises une belle et fière verticalité

Mons : son nom parle à nos mémoires d’écoliers, lorsqu’elle fut prise par Louis XIV et, par la suite, fortifiée par Vauban. Des quartiers entiers arborent, depuis, le style classique français de l’époque. Un décor harmonieux fait de pierre et brique d’où s’élèvent le beffroi à bulbes, la collégiale Sainte-Waudru et l’hôtel de ville, chefs d’œuvre de l’architecture montoise. Justement la châsse de Sainte-Waudru qui y est conservée est un véritable trésor. Ouverte en 1997, on y a trouvé trois linceuls, cinq parchemins, un rouleau de plomb et un sac contenant le squelette de la défunte. Chaque année, le dimanche de la Trinité (en mai), il est promené sur le « car d’or », un char tiré par six chevaux de trait, dans les rues de la ville, au milieu d’une foule enthousiaste qui a gardé une ferveur issue du passé.

Mais Mons ne vit pas que dans le culte des temps anciens, elle arbore un goût pour l’Art moderne. D’abord le Surréalisme qui est enfant du pays : Magritte n’est-il pas né à Lessines tout près de Mons ? Le Surréalisme parle d’autodérision qui est un « sport » belge, « rire de soi, avant que les autres ne le fassent à votre place »… Le poète Ferdinand Dumont, également, natif de Mons, se rattache à cette école. Le Musée des Arts Contemporains (MAC’s) est l’un des projets culturels phares de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Inauguré en septembre 2002, son action culturelle, associée à celle de Grand-Hornu Images, fait du site du Grand-Hornu, ancien site industriel réhabilité, la plus importante vitrine contemporaine de Belgique puisqu’elle représente tout le prisme de la création d’aujourd’hui. 

I. Aubert