La maison natale de Victor Hugo, à Besançon, s’ouvre au public.

C’était le 26 février 1802, « Ce siècle avait deux ans »… l'écrivain français le plus lu au monde ouvre vendredi les portes de son lieu de naissance au public...

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Les lieux qui illustrent la vie de Victor Hugo sont relativement nombreux : il y a l’appartement de la place des Vosges à Paris où il vécut près de vingt ans, qui expose, émouvant témoignage, la table à laquelle il écrivait ainsi que des meubles provenant de la maison qu’occupait Juliette Drouet, sa maîtresse, à Guernesey.
Dans cette même île, on peut visiter Hauteville House, qui l’accueillit dans son exil, en 1856 et où il vécut dix neuf ans. La décoration, voulue par l’écrivain, reflète bien le style du XIXè siècle, un peu étouffant, avec des petites pièces surchargées de tentures et de tapisseries couvrant les murs en les assombrissant, sans oublier les effets de cuir particulièrement en vogue à l’époque!... Il faut atteindre le 3ème étage, avec une construction ajoutée sur le toit, comme un cube de verre, qui offre une vue incroyable sur le mer, pour respirer. C’est dans cette pièce qu’il s’adonnait à l’écriture. Dans Les Travailleurs de la Mer, il qualifie l’île de Guernesey de « sévère et douce ».
Il y a aussi un musée littéraire Victor Hugo, à Vianden, dans les Ardennes luxembourgeoises. Il occupe une maison où il se réfugia à plusieurs reprises dont en juin 1871 alors qu’il avait été chassé de Belgique. Le poète aimait cette bourgade dominée par une forteresse médiévale. On y voit des manuscrits et des dessins ainsi qu’une statue le représentant assis.
Et puis, il y a Villequier, villégiature normande, dans les dernières boucles de Seine, non loin de Caudebec en Caux, transformée en musée, qui rappelle une période douloureuse de la longue vie de l’écrivain puisque c’est à quelques cinq cents mètres de la maison que sa fille Léopoldine et son époux, Charles Vacquerie se noyèrent en septembre 1843. A cette époque, la Seine n’était pas le fleuve paisible qu’elle affiche maintenant, le petit musée de la « Marine de Seine » de Caudebec, raconte bien sa dangerosité avant que ne soit dompté mascaret. La maison appartenait d’ailleurs à la famille Vacquerie. La visite en est émouvante dans la mesure où la décoration n’a pas été modifiée, laissant les lieux à leurs fantômes. On peut, dans le petit cimetière qui entoure l’église, voir les tombes d’Adèle Hugo, son épouse et de ses deux filles, Adèle et Léopoldine.
Pour en revenir à Besançon où Victor Hugo n’a vécu que quelques semaines puisque son père, officier, n’y était qu’en garnison, elle va présenter des photos et des souvenirs, disposés en avançant dans le temps au fur et à mesure de la visite. Le premier étage est voué à la vie politique et à ses combats pour les libertés. L’ampleur de l’homme souffre de l’exiguïté des lieux et on peine un peu à imaginer la verve hugolienne dans ce « contenant bourgeois ». Une apothicairerie, située sur la rue dans la maison même, vaut le déplacement à elle seule, elle présente quelques 73 vases de faïence du XVIIIè siècle, dans un décor de boiserie récupéré de la maison du milliardaire Singer, celui des machines à coudre et remis en bonne place, là où il était lorsque vint au monde le grand, l’immense Victor Hugo que l’on peut maintenant visiter au Panthéon.

I. Aubert