Pompéi, actualités archéologiques à l'occasion de l'exposition au Grand Palais

Pendant près de 300 ans, Pompéi a régulièrement fait l’objet de fouilles. Depuis 2012, la politique archéologique est surtout une politique de patience qui s’attache davantage à la restauration qu’à la mise au jour.

Les pluies torrentielles qui s’étaient abattues en novembre 2010 sur les ruines de Pompéi avaient provoqué des dommages considérables, dont l’effondrement de la Schola armaturarum, la mal nommée « Caserne des gladiateurs ». En 2011, douze maisons étaient en état d’urgence.Mais cette catastrophe avait également engendré, face à la gravité de la situation, une prise de conscience qui s’est révélée bénéfique.

C’est ainsi qu’au printemps 2012 fut conçu le « Grand projet Pompéi » : un accord signé entre l’UNESCO et l’État italien, quelques 105 millions d’euros affectés aux zones archéologiques de Pompéi, Herculanum et Torre Annunziata. Les fonds débloqués étaient également destinés à la restauration et l’entretien des édifices fragilisés par le séisme de 1980. Les restaurations des années 1980-1990 s’étaient alors portées sur le remplacement par des piliers de bois, d’éléments de béton et de poutrelles métalliques, posés pour les premiers dans les années 1950, pour les secondes dans les années 1970. Le financement prévoyait tout autant la création d’un système de drainage des eaux pluviales. Depuis 2017, il vise à la restauration et à la consolidation des édifices menacés par l’effondrement des débris proches, à la protection contre les pillages.

La fragilité du site provient du caractère sismique de la zone, des conditions climatiques, des dégâts et spoliations dus aux pilleurs. Depuis quelques années, s’ajoute un nouveau péril, celui de « l’érosion touristique » avec quelques 4 millions de touristes en 2018, soit environ 40 000 visiteurs par jour. Une manne pour l’économie touristique, mais un danger pour les monuments.

Avec de nouvelles méthodes de prospection, technique comme humaine, Pompéi est devenu un véritable laboratoire de recherches : l’usage de drones, qui permettent la cartographie laser, la thermographie infrarouge. Autant de méthodes qui enrichissent la reconstitution en 3D. De même, la famille des spécialistes s’est agrandie : aux côtés des archéologues sont arrivés ingénieurs, architectes, anthropologues (prélèvement d’ADN sur les corps en plâtre), archéozoologues (étude du squelette de cheval) et paléobotanistes.

La Regio V

La décision de fouiller en 2018 la Regio V, une zone de 21 hectares au nord de la cité, peu explorée jusqu’alors et pourtant à forts risques d’effondrement, s’avéra très rentable. Les années 2018 et 2019 furent particulièrement favorables aux archéologues : durant le premier automne, on découvrit plusieurs maisons richement ornées de fresques et d’enduits peints aux couleurs vives, notamment la domus dei dolfini, dont le nom vient de la représentation de deux dauphins, accompagnés de nombreux animaux marins.

Plus intéressante encore, la casa del giardino, riche elle-aussi de fresques, qui restitua dix corps endommagés par des fouilles clandestines qui pourraient remonter au temps de la découverte de Pompéi, soit aux XV-XVIèmes siècles. Proche des corps, un coffret en bois, empli d’amulettes et de pierres semi-précieuses, ayant probablement appartenu à une servante de la maison. La découverte la plus importante est sans conteste celle d’un graffiti au charbon. Daté du 24 octobre 79, il contraint à reconsidérer la date du 24 août 79 donnée depuis deux mille ans, comme celle de l’éruption qui allait engloutir la cité. On pense aujourd’hui à une mauvaise traduction de Pline le Jeune, auteur de cette information, dans sa correspondance avec son ami l’historien Tacite, dans laquelle Pline mentionne le neuvième jour avant les calendes de septembre, soit le 24 août. Une date qui avait déjà été remise en question à la suite de plusieurs découvertes : des braseros dans la maison, présence surprenante en saison estivale, ainsi que de grands récipients pleins attestant que les vendanges avaient été faites (des écrits de Pline datent le début des vendanges au 21 septembre), deux indices incontournables qui renvoient aujourd’hui à fixer la date du drame au 24 octobre 79.

Massimo Osanna, directeur général du site, cédant à l’attraction de la découverte, prévoit pour 2020 un nouveau chantier à dégager, 1000 m2 dans la partie sud de la cité. On peut certainement parier sur de nouvelles découvertes. Pourtant nombreux sont ceux qui pensent que fouiller, excaver, c’est fragiliser les édifices. Pour ceux-là, la question qui s’impose est : comment protéger tout ce qui a été découvert, afin que les générations du futur puissent en profiter ? Au cœur des préoccupations, une problématique bien réelle avec les plus de 1400 monuments dégagés à sauvegarder.

Du 25 mars au 8 juin 2020, réalisez une promenade immersive pour explorer les trésors archéologiques et les nouvelles découvertes de Pompéi au Grand Palais. Plus d'informations en vous rendant sur le site du Grand Palais.

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