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L’Anneau du Nibelung, ou les sept âges de l’univers

En un peu plus d’un quart de siècle, Richard Wagner a bâti dans sa fameuse Tétralogie – en fait, un « prologue et trois soirées » selon sa définition- une vision du monde étonnamment moderne qui propose une lecture prophétique et cyclique des âges que traverse l’univers. Comprendre l’inéluctable enchaînement de ces âges dans le Ring, c’est essayer de saisir la logique fatale qui impose au monde et à Wotan un bien funeste destin...

De l’âge de l’Amour et de l’âge du Savoir

Le monde originel du commencement de l’Or du Rhin est un âge d’or. Pureté primitive et stabilité sont évoquées dès l’ouverture par le « Leitmotiv du Rhin », ou « Leitmotiv de la Nature » : un seul accord de Mi bémol majeur que Wagner étire en arpège sur cent-trente-sept mesures… « Pour ainsi dire, la berceuse du monde » comme l’expliquait Richard à Cosima (Journal de Cosima Wagner, 17 juillet 1869). D’où l’univers tient-il cet équilibre, cette régulation ? De l’Amour, qui anime toute créature vivante : l’amour est la loi originelle de l’univers, car « tout ce qui vit veut aimer » chante Flosshilde, l’une des filles du Rhin. L’on croit généralement que cet équilibre harmonieux est rompu par un nain hideux maudissant l’amour et forgeant un anneau maudit, mais le drame s’est en fait déjà joué en amont : le protagoniste qui entraîne le monde dans sa chute est bien Wotan.
Avant de connaître l’âge du Pouvoir auquel il ne cesse d’aspirer, le roi des dieux s’est en effet laissé séduire par le Savoir. Nous l’apprenons de la bouche des divinités du Destin, les Nornes, dans le prologue du Crépuscule des Dieux : au prix d’un œil, Wotan a acquis l’omniscience et obtenu la main de Fricka, gardienne des lois… épouse inféconde. La perte de cet œil offre ici une double lecture, elle représente tour à tour chez Wotan le don de double-vue et l’aveuglement : elle est la perte de la conscience, de la lumière du cœur. Car le Savoir n’est en effet pas cultivé pour lui-même et en lui-même, mais bien seulement pour accroître la supériorité du dieu et préparer l’âge suivant : l’âge du Pouvoir. « Ce qu’il a sacrifié pour obtenir la froide sagesse qui institue les lois et les châtiments, c’est l’œil de l’amour » affirme ainsi le musicologue Jacques Bourgeois. Cet âge du Savoir devrait logiquement préparer l’âge de la Sagesse, mais il ne fait que satisfaire la volonté de puissance du dieu devenu borgne : la quête en est ainsi faussée et pervertie dès l’origine ; contrainte, vol, violence ou duperie sont d’ailleurs les moyens privilégiés d’acquérir toute connaissance dans le Ring. Ce Savoir est ainsi l’objet de toutes les convoitises, mais a-t-il une valeur ? Fondamentalement aucune puisqu’il ne permet aucunement de changer le destin du monde, que tissent immuablement les Nornes : tel est un des enseignements de l’Anneau. Infécond, inutile et même souvent paralysant, ce savoir théorique et coupé de toute action ne possède aucune valeur en soi. Seul Siegfried, l’« anti-intellectuel » qui ne tiendra son expérience que d’apprentissages personnels, au plus près de la Nature, saura atteindre l’âge de la Liberté. Wagner forge ainsi dans l’Anneau une vive critique du savoir théorique et intellectuel, rappelant la célèbre formule de Méphisto, dans le Faust de Goethe : « Grise est, cher ami, toute théorie, et vert est l’arbre de la vie ». L’âge du Savoir est donc aussi celui de la contradiction : quête insatiable de puissance, il se révèle aussi aveu d’impuissance face à l’inéluctable destin de l’univers.

Du pouvoir, de la soumission et de la sanction

L’Amour, c’était ainsi l’instinct premier, un instinct perverti chez Wotan par le Savoir qui ne tendait qu’à accroître son Pouvoir. A l’issue de L’Or du Rhin, le dieu suprême paraît au faîte de sa puissance : son château, sa lance et son mariage sont les garants du nouvel ordre qu’il a établi. Mais sur quelles bases ce pouvoir s’est-il bâti ? Sur les traités, le mensonge et le vol. Le personnage de Wotan renvoie l’écho des paroles du philosophe Schopenhauer, dont la pensée à profondément marqué Wagner : « l’univers est depuis sa création –dans l’acte même de sa création- pourri par la volonté de puissance ». Wotan n’est pas même un dieu créateur : ce n’est qu’un dieu législateur qui a structuré, organisé, confiné un monde qui lui préexiste. Avant lui régnait l’unité de l’Amour ; avec Wotan, c’est l’unité de la Loi qui régit le monde, une « loi mécanique des commandements et des sanctions » écrivait Bernard Shaw en 1898 dans Le Parfait Wagnérien. Trois éléments (auxquels correspondent dans l’œuvre trois Leitmotive) symbolisent cet âge du Pouvoir, en une subtile gradation: la lance, le château et l’anneau. La lance représente la fondation du pouvoir en même temps que la première agression: Wotan a arraché une branche au frêne primordial qui soutient l’univers, et en a fait une lance sur laquelle sont gravées les runes des traités qu’il a établis. Par cette lance, il a soumis toute créature à sa propre volonté, mais cette fondation est un acte contre-nature: sitôt qu’il arrache cette tige à la source de toute vie, l’arbre sacré se met à mourir. Avec l’apparition de la Loi, c’est l’équilibre du monde qui est menacé et l’acte fondateur se révèle donc avant tout acte destructeur. Le château, ou Walhall, représente quant à lui l’accroissement et la pérennisation du Pouvoir : construit par des « esclaves » géants, il symbolise la puissance de la soumission à la Loi. L’anneau enfin, représente la forme absolue et paroxystique de ce Pouvoir ; il est l’aboutissement de toute puissance, celui qui par sa forme circulaire et fermée enserre le monde et le tiendra prisonnier pour l’éternité. Tout au long de l’œuvre, l’anneau agit ainsi comme un révélateur et comme le miroir des démons de son éphémère propriétaire; seul Siegfried, être libre et instinctif échappera à cette loi du Ring. L’infâme Alberich s’avère finalement fort lucide en prédisant à Wotan son inéluctable destin : « De l’anneau, à la fois maître et esclave ».
L’âge de la Soumission n’est dès lors que la suite logique de l’âge du Pouvoir. Les lois par lesquelles Wotan a barre sur le monde ne sont en effet valides et universelles que tant qu’elles sont applicables à toute créature, selon les termes du « contrat cosmique » dont il est à la fois fondateur et garant ; le géant Fafner le lui rappelle d’ailleurs fermement dans L’Or du Rhin, au moment où le dieu envisage de déroger à ses propres règles en refusant de payer ses ouvriers : « Sois fidèle aux traités ! Ce que tu es, tu ne l’es que grâce à ces traités : limitée est, à tout prendre, ta puissance ». Pouvoir de contrainte, la Loi se révèle ainsi également une limitation pour Wotan : le législateur tombe lui aussi sous le coup de ses lois, et il en est, mécaniquement, devenu esclave : « Moi qui régnais par les traités, je suis à présent l’esclave de ces traités », confie-t-il clairvoyant à sa chère Brünnhilde dans La Walkyrie, alors qu’il prend conscience de son impuissance. Aucune liberté n’est plus possible dans ce monde régi par les lois : « Je me suis pris dans mes propres chaînes, moi le moins libre de tous ! » clame encore Wotan au désespoir. Il n’échappera ni au destin ni à la malédiction d’Alberich et se verra dès lors inéluctablement condamné à disparaître.
Englué dans l’âge de la Soumission, Wotan doit encore faire l’expérience de la Sanction afin d’accomplir pleinement son destin. Avide de reconquérir l’anneau, qu’il ne peut dérober lui-même sans mettre en péril son pouvoir, le dieu borgne a engendré -hors des liens sacrés du mariage- une fille dans le monde divin, Brünnhilde, et un couple de jumeaux dans le monde humain, Siegmund et Sieglinde. Rappelé à l’ordre par son épouse Fricka, Wotan se voit contraint de condamner sa glorieuse progéniture car, comme le remarquait déjà Bernard Shaw dans le Parfait Wagnérien : « un dieu existe par la loi ; un héros peut-il défier la loi et donc les dieux ? ». L’opéra La Walkyrie met en scène ce double échec de Wotan, prisonnier des lois qu’il a engendrées : il est contraint de signer l’arrêt de mort de son fils Siegmund puis de condamner à la déchéance sa divine fille Brünnhilde, elle qui s’était pourtant faite l’interprète de sa volonté intérieure et secrète. Cette scène d’adieu de l’acte III est sans doute l’une des plus belles scènes tragiques jamais écrite et composée : « Adieu, intrépide, sublime enfant ! Toi de mon cœur, fierté la plus sacrée ! Adieu ! adieu ! adieu ! ». L’âge de la Sanction est également l’âge de la chute… une chute implacable que Wotan a lui-même orchestré sans s’en apercevoir. Le Ring est aussi l’histoire de cette prise de conscience.

Du renoncement à l’âge de la rédemption

La mort de Siegmund et la punition de Brünnhilde annoncent alors la mort symbolique du dieu : Wotan n’apparaît d’ailleurs plus dans la soirée suivante, Siegfried, que sous le nom de Wanderer – le terme ayant pour sens en allemand « voyageur », mais aussi « errant »-, avant de disparaître entièrement de la scène dans la troisième soirée du Ring, Le Crépuscule des dieux. Pourtant, la boucle n’est pas encore bouclée : il faut encore pour Wotan entrer dans l’âge du Renoncement et accepter pleinement son destin, admettre son impuissance jusqu’à vouloir sa propre mort. Ici encore, l’œuvre wagnérienne se fait l’écho quasi-obsessionnel des propos de Schopenhauer, une des lectures préférées du compositeur: « Si la douleur vient de la volonté, il faut supprimer la volonté pour abolir la douleur ». Ce renoncement au monde doit s’effectuer en toute conscience et doit l’amener à vouloir sa propre perte : la négation absolue de la volonté mettra dès lors un terme à toute souffrance. Déchu, impuissant mais enfin libéré de sa soif de Pouvoir, il peut dès lors clamer à Brünnhilde: « Je ne veux plus qu’une chose : la fin ». 
Si pour Wotan cet âge du Renoncement est la nécessaire « phase terminale » de son chaotique parcours, il inaugure pour l’univers tout entier le dernier âge, qui sera celui de la Rédemption : un thème essentiel chez Wagner, que le compositeur n’a eu de cesse de développer depuis ses débuts, notamment dans le Vaisseau fantôme. La rédemption était d’ailleurs déjà le point central de son essai inachevé d’avril 1849, Jésus de Nazareth, alors même qu’il esquissait le livret La Mort de Siegfried. « La race des dieux a passé » écrit Wagner au bas de son livret : l’âge d’Amour, avant les turpitudes du Pouvoir, était symbolisé par l’or reposant dans les eaux claires, gardé par les trois filles du Rhin. C’est une femme qui accomplit enfin la rédemption en rendant l’anneau d’or à son écrin. Brünnhilde efface, par un geste purificateur d’embrasement du monde, la corruption des dieux et du monde qu’ils ont asservi. Ce feu sur lequel descend le rideau du Crépuscule des dieux engendre un ultime espoir : celui d’une renaissance –possible- de la pureté originelle.

Il faut tout l’art de Wagner pour donner à ce drame mêlant dieux, nains et géants la valeur d’un drame cosmologique dans lequel le hasard n’a pas sa place ; chaque acte de ses personnages, « humains trop humains » pourrait-on dire, les conduit inéluctablement vers la fin, jusqu’au cataclysme suprême. L’Anneau du Nibelung peut ainsi être lu comme le cycle fatal de ces âges du monde, mais ce n’est là qu’une des clés d’interprétation d’une œuvre aussi riche que complexe, qui échappe par son ampleur et sa densité à tout essai de catégorisation. Alors, que règne sur l’anneau celui qui le conquiert : « Des Ringes waltet wer ihn gewinnt ! »…

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