Le Philharmonique de Berlin à Baden Baden

Deux « festivals de Pâques » règnent sur l'Europe musicale: l'un à Salzbourg, l'autre à Baden-Baden. En 2013 coup de théâtre : l'orchestre Philharmonique de Berlin, sur lequel reposait le prestige de Salzbourg depuis l'ère Karajan, rejoint la Forêt-Noire et le festival rival !

Pour Baden-Baden une nouvelle aventure commence, un nouveau festival grâce aux « Berliner » dirigés par Sir Simon Rattle. En 2014 dans le « Festpielhaus », la plus grande salle d'Allemagne, ils offriront ainsi aux festivaliers un programme très attendu. Notamment une « Manon Lescaut » de Puccini avec Eva-Maria Westbroek et une « Passion selon Saint Jean » de Bach mise en scène par Peter Sellars.
L'orchestre philharmonique de Berlin, qui crée ainsi l'événement au coeur de la Forêt-Noire, est non seulement un ensemble symphonique prestigieux, mais aussi un modèle de structure autogérée. Fondé à la fin du XIXe siècle, l'orchestre s'illustre rapidement sous la baguette de Hans von Bülow. Celui-ci, ami de nombreux compositeurs (par exemple Richard Wagner qui lui « pique » sa femme Cosima...), dirige avec le « Berliner » les premières mondiales de nombreuse oeuvres importantes. Plus tard d'autres chefs renommés conduiront l'orchestre, Richard Strauss, Gustav Mahler, Willelm Furtwängler, et bien sûr Herbert von Karajan, auquel succéderont Claudio Abbado puis Simon Rattle. Jalousement attachés à leur indépendance, les « Berliner » nomment leur chef et recrutent en assemblée plénière les nouveaux musiciens. L'administrateur et le chef ne peuvent prendre aucune décision sans consulter l'orchestre qui élabore son programme et sa communication.
Baden Baden a réussi un « gros coup » en attirant les « Berliner Philharmoniker » pour cinq ans au moins, renouvelables. La petite ville d'eaux fondée par les Romains, capitale estivale de la haute société à la Belle Epoque (elle accueillit notamment la reine Victoria et Napoléon III...) fera tout pour les retenir !

B. Valat