Le Nouvel An chinois

Selon la légende, un animal féroce appelé Nian (« l’Année ») terrorisait jadis les villages chinois à la fin de l’hiver, en quittant son antre pour dévorer animaux et humains. Jusqu’au jour où la population parvint à le chasser en découvrant ses point faibles : Nian en effet craignait la couleur rouge, la lumière et le bruit étourdissant. Depuis lors ces trois éléments font partie des festivités du nouvel an chinois.

Aussi appelé Fête du printemps, le nouvel an chinois célèbre en fait le renouveau printanier, le moment où l’on observe les premiers signes de la vie qui redémarre, le début de la montée de la sève qui fera éclore les bourgeons… Le nouvel an coïncide avec le premier jour du printemps, celui où apparaît la seconde lune après le solstice d’hiver. Le calendrier chinois, utilisé pour déterminer les dates des fêtes traditionnelles ou religieuses, étant luni-solaire, c’est-à-dire basé sur le cycle annuel du soleil tout autant que sur les phases de la lune, la date du nouvel an est fluctuante, se situant entre le 21 janvier et le 20 février.

Chaque année chinoise est représentée par un signe astrologique figuré par un animal (rat, bœuf, tigre, lièvre, dragon, serpent, cheval, bélier, singe, coq, chien et cochon/porc), associé à l’un des cinq éléments, chacun durant deux années (métal, eau, bois, feu, terre). Ainsi 2019 sera placée sous les auspices du cochon et de la terre (année 4717) et le nouvel an tombera le mardi 5 février.

Remontant à la dynastie des Shang (environ XVIIe-XIe siècle avant notre ère), la Fête du printemps était à l’origine une grande célébration agricole au cour de laquelle on offrait un sacrifice (produits de la chasse, de la pêche ou de l’agriculture), pour honorer les divinités ou les ancêtres entre la fin de l’hiver et le début du printemps. On les remerciait pour leurs bienfaits passés, tout en leur demandant de favoriser pour l’année à venir une récolte abondante. Une fête joyeuse au cours de laquelle on partageait les offrandes concluait la cérémonie.

Aujourd’hui, la Fête du printemps est une période très importante pour les communautés asiatiques du monde entier. Elle s’étend du nouvel an chinois jusqu’à la première pleine lune de l’année, quinze jours plus tard, marquée par la Fête des lanternes. C’est l’occasion pour les familles dispersées de se retrouver et ainsi gares, stations d’autocar et aéroports se trouvent engorgés avant les festivités. Des périodes de congés sont accordées, les rues et les maisons se parent de rouge, la couleur porte-bonheur, et l’un des moments privilégiés reste le réveillon avec son repas familial émaillé d’aliments censés porter chance, comme les raviolis dont la forme évoque les anciens lingots d’or, le poisson et le gâteau de riz glutineux qui symbolisent profusion et croissance. Au moment où l’année bascule, on sort dans la rue pour faire éclater les pétards. Les jours suivants, on échange les vœux et les étrennes, on souhaite la bienvenue au dieu de la Fortune, on assiste aux danses du Lion qui favorisent la chance et la prospérité… tandis que la Fête des lanternes, qui célèbre la première lune de l’année, clôt les festivités.