« Meiji, splendeurs du Japon impérial », une exposition à voir au musée Guimet

L'art du Japon a le vent en poupe et ce phénomène ne date pas d'aujourd'hui. L'année qui s'achève a célébré avec éclat la saison « Japonismes 2018 ». Un peu partout les artistes japonais marquent les esprits. Au Louvre par exemple Kohei Nawa (né en 1975) occupe un espace élevé, à dix mètres sous la Pyramide, où il a hissé un « Throne » rutilant d'or et fascinant par son aspect qui ne pèse pas moins de trois tonnes. Au musée de la Chasse et de la Nature, dans le Marais de Paris, le même artiste expose un cerf, grandeur nature, constitué de boules de verre. Le musée Cernuschi à Paris présente une exposition baptisée « Trésors de Kyoto, trois siècles de création Rinpa ». Le Petit Palais de Paris vient tout juste de clôturer une exposition d’œuvres d'un des plus grands maîtres de la peinture japonaise du XVIIIe siècle. Mais ce dont on parle ici, se déroule au musée Guimet de Paris, s'intitule « Meiji, splendeurs du Japon impérial » et célèbre 160 ans de relations diplomatiques entre la France et le Japon.

1868, changement total dans son histoire, le Japon sort de son isolationnisme et s'ouvre à l'extérieur, en particulier à l'Occident. Des relations diplomatiques avec la France sont établies. Fin d'une politique féodale, fin des samouraïs, des shoguns, suppression des fiefs seigneuriaux, fin de l'ère Edo, avènement de l'ère Meiji avec la restauration du pouvoir impérial en la personne du jeune Mitsuhito (16 ans). Tout est nouveau, l'école devient obligatoire, l'armée, suivant le modèle français, est une armée de conscription, l'économie se fait capitaliste et la Constitution s'inspire de celle de la Prusse... L'empereur réside désormais à Tokyo.

Au début de l'exposition, des clichés datés de 1872 montrent l'empereur en costume militaire, vêtu à l'occidentale, tricorne et épée à son côté ou son entourage habillé à la mode de Paris, ce qui prouve le rapprochement des deux pays... Pour aider les Occidentaux à en acquérir une image, le Japon participe aux expositions universelles de Paris, Vienne, Philadelphie, Chicago mais en plus de grands salons à Tokyo mettent en scène le monde japonais. Des écoles d’État pour enseigner l'art du laque ou de la ferronnerie, des musées conservatoires, des éditions d'art voient le jour. Le Japon doit affirmer son identité culturelle et se tourne évidemment vers son passé, comme en témoigne l'école Rinpa (dont on peut admirer certains chefs-d’œuvre au musée Cernuschi actuellement). Mais l'ère Meiji entend tout surpasser en matière de raffinement. Le fait que les commandes soient le plus souvent impériales oblige à cette perfection que l'on constate en parcourant l'exposition. Toujours à Paris, le M.A.D. quant à lui offre une exposition « Japon-Japonismes, objets inspirés 1867-2018 ». Avec le temps, les techniques deviennent de plus en plus virtuoses et ce sont de véritables chefs-d’œuvre qui arrivent en Occident : émail cloisonné, estampes, vases émaillés, bronzes, paravents, laques, peintures sont des merveilles qui font très souvent appel au bouddhisme mais aussi à la nature (fleurs oiseaux...).

Chez nous la diffusion soudaine de l'esthétique japonaise, frappe les artistes autant que les collectionneurs. Vous identifierez en voyant certaines toiles, ce qui inspira des Van Gogh, Monet, Gauguin et même les nabis. C'est au sein du courant impressionniste et chez les marchands d'art que l'on trouve le plus grand nombre d'amateurs d'art japonais.

Ces expositions à voir impérativement jusqu'à mi-janvier pour le musée Guimet, fin janvier pour Cernuschi et jusqu'au 3 mars au musée des Arts décoratifs à Paris.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du musée Guimet.