L’Arménie au Moyen Age

Dominé par le mont Ararat (en photo), le royaume d’Ourartou apparait pour la première fois dans le livre biblique de la Genèse. C’est une région- château d’eau là où naissent les deux grands fleuves de l’Asie du Proche-Orient, le Tigre et l’Euphrate et ce grand plateau ponctué par des vallées fut souvent une terre d’invasions. L’Arménie s’inscrit donc dans une très longue histoire dont la période médiévale forme un moment essentiel sans cependant être le premier documenté.

Le cœur de l’Arménie historique se situe entre l’Euphrate à l’Ouest, la Kura à l’est, le petit Caucase au nord et la Mésopotamie au Sud dans une région qui semble délimitée mais qui sans cesse se modèle en fonction des migrations. L’Arménie médiévale correspond à une notion géographique un peu floue et fluctuante; L’histoire millénaire de cette région permet cependant d’isoler et de définir de manière claire la période médiévale. Les bornes chronologiques sont liées au départ au choix du christianisme qui s’effectue rapidement dès le IIIe siècle, quant à sa fin, elle est liée aux invasions turcomanes au XVe siècle qui ruinent le pays et sonnent la fin de l’Arménie indépendante jusqu’à la période contemporaine. Toute l’histoire, la culture et la langue arménienne sont liées à la tradition chrétienne que chaque Arménien revendique dans son identité personnelle et collective.

Une histoire à rebondissements
L’Arménie connut sa première période de domination sous influence perse aux IV -VIe siècles mais son âge d’or commence réellement au VIIe siècle lorsque elle fut libérée par les conquêtes byzantines. Ce répit fut de courte durée puisque dés le VIIIe siècle le pays subit l’expansion arabe et fut obligé de choisir le camp califal ; ce temps de hiatus culturel a profondément marqué le pays  mais après des temps de contraintes voire de massacres, les califes affaiblis furent contraints de laisser les Arméniens pratiquer leur foi. Plusieurs principautés sont alors constituées et furent les centres de la renaissance arménienne des Xe- XIe siècle : principauté bagratide d’Arménie, la principauté arzrounienne du Vaspurakan , la principauté haykide de Sioumie orientale et celle de Sioumie occidentale. Cependant très vite les Byzantins reprennent le contrôle du territoire. Les Turcs furent sans cesse à l’affut bien que la domination mongole au XIIe siècle les ait fait reculer à nouveau ; Le XIIIe siècle marqua la dernière renaissance arménienne pour le Moyen Age avant que le pays à nouveau ne subisse le joug des envahisseurs ilkhans et turcomans. C’en était fini du royaume d’Arménie.

Le premier royaume chrétien de l’histoire
Il est courant de rappeler trois dates dans l’histoire de l’Arménie chrétienne, le baptême officiel en 301 , l’alphabet en 406, l’autocéphalie et la bataille de Vardanank en 451. Le choix du roi Tiridate III (284-305) est particulièrement important ; lui qui mena une vague de répression féroce contre les chrétiens à l’exemple de l’empereur romain Dioclétien son allié, choisit brusquement la conversion et se fit baptiser dans les eaux de l’Euphrate. Le choix très précoce du roi entraîna de facto celle de tout un royaume qui devint alors le premier à embrasser cette nouvelle religion. Les témoins archéologiques et monumentaux que nous a légués l’Arménie sont essentiellement d’ordre religieux, à l’exemple des multiples églises de toutes tailles plus ou moins en ruines ou des katchkhars, véritables symboles de l’Arménie.
La création de l’alphabet est l’œuvre d’un moine Mesrop Machtots qui choisit 36 lettres inspirées des alphabets grecs et syriaques pour fixer la langue arménienne et entreprendre la traduction de la Bible et de la littérature paléochrétienne. Le premier royaume chrétien venait de se doter des moyens de développer et de sauvegarder sa culture dans une région où les luttes entre Sassanides et Byzantins fragilisaient son indépendance politique.
Le troisième choix fut celui d’un refus du concile de Chalcédoine en 451 : les Arméniens n’acceptèrent pas les décisions et s’en tinrent à celles des trois premiers conciles œcuméniques de l’Eglise ; leur rupture avec l’église grecque fut consommée au moment même où la résistance arménienne contre le roi perse, soutien du mazdéisme, a conféré au peuple arménien un rôle essentiel de sauveur de la chrétienté. La bataille de Vardanank par le sacrifice de milliers d’Arméniens vaincus sur le terrain mais glorifiés comme martyrs de la cause arménienne souda définitivement la communauté.
L’histoire arménienne se décline donc en multiples phases, en multiples géographies pendant la période médiévale mais parmi elles un moment privilégié semble les résumer toutes.

L’âge d’or : le royaume bagratide d’Ani
S’il faut en effet, sélectionner une période particulièrement faste dans l’histoire arménienne, nul doute que le royaume d’Ani en soit la pierre angulaire. En septembre 989, Gagik Bagratouni est sacré Roi d'Arménie. Ani, la capitale, devient sous le règne de ce roi une plaque tournante du trafic commercial entre l'Asie et le Proche Orient. Au total, le grand Ani abrite autour de l'an mil une population évaluée à cent mille habitants, faisant de la cité une des métropole les plus peuplées du Proche-Orient. Elle doit sa prospérité à l'habileté politique de souverains qui mènent une diplomatie équilibrée, ménageant tout à la fois le basileus byzantin et les califes arabes. La relative stabilité politique et la sécurité qu'ils instaurent, ainsi que la situation géographique proche de la vallée de l'Araxe (voie naturelle des échanges entre monde iranien et Asie mineure) favorisent le développement de cette province du Chirak, cœur du royaume Bagratide
Le développement d'un milieu urbain de cette importance permet aussi aux créateurs de s'exprimer dans de remarquables réalisations architecturales qui ont donné à la ville un style propre, dont ne subsistent plus aujourd'hui que quelques reliquats. La richesse du décor des pierres sculptées trouvées au milieu des ruines atteste d'une grande cohérence de style et surtout d'une foi chrétienne ancrée au cœur de la société arménienne. La cathédrale d’Ani en ruine manifeste la grandeur passée et le destin brisé d’une Arménie bousculée par l’histoire politique et les tremblements de terre. La ville d’Ani tomba aux mains des Turcs en 1064 ainsi que l’ensemble du royaume arménien qui fut occupé dans sa totalité. Seule la petite Arménie put continuer à survivre et incarna l’Arménie toute entière.

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