Au Pérou : les Lignes de Nazca, une énigme…

Étranges, indéchiffrables, énigmatiques… les géoglyphes de Nazca, au Pérou, n’ont toujours rien révélé de leur origine.

Pourtant les interprétations ne manquent pas ! Découvertes en 1927, elles forment une œuvre si grandiose qu’elle peut paraître surhumaine…
Au musée local, une affichette résume la thèse de Maria Reiche, mathématicienne et astronome, décédée en 1998 et qui a consacré de longues années à la préservation et à la défense du site, par cette phrase : « Ces dessins ont été interprétés comme ayant un lien avec l’astronomie, permettant de prédire les périodes de bonnes ou mauvaises récoltes et les différents travaux agricoles selon que les étoiles se levaient ou se couchaient dans telle ou telle figure tracée au sol ». Le voile n’est pas levé pour autant. L’Unesco classa le site au patrimoine de l’humanité en 1994, à la demande de celle qu’on baptisait la « senora », reconnaissant sa théorie qui dit que l’on a ici « le témoignage du premier éveil des sciences exactes au sein de l’évolution de l’humanité ».
Mais les scientifiques sont de moins en moins d’accord, l’italien Giuseppe Orefici, directeur du Centre italien d’études et recherches archéologiques précolombiennes, refuse d’ajouter foi à l’hypothèse du calendrier, il penche pour des chemins rituels et, pour alimenter cette idée, il est allé jusqu’à reconstituer des processions chamaniques avec musique et danses.
Coexiste aussi une théorie disant qu’il s’agit peut être de lignes de drainage ou des voies d’écoulement d’eau. En effet, au Pérou, subsistent des systèmes d’irrigation antérieurs à ceux de l’Egypte pharaonique.
En outre on parle même du phénomène d’El Nino qui, en 60 après Jésus-Christ aurait pu causer la perte de la civilisation Nazca… Que de théories, et comme l’on se sent petit lorsque la nature reprend ses droits ! Actuellement quelque 6000 archéologues cherchent une explication aux « lignes » mais les Pyramides de Cahuachi, de Pachacamac ou la nécropole de Sipan sont aussi mystérieuses et le voile n’est pas prêt à se lever.
I. Aubert