Chroniques

Macao, Coloane et Taïpa

« La baie de Canton part du delta de la Rivière des Perles pour s'évaser largement, comme les branches d'une tenaille ouverte. Au bout de la branche Est se trouvent Hong Kong et Kowloon. Sur la pointe extrême de la branche Ouest, il y a Macao», écrivait, en 1957, Joseph Kessel, grand reporter et merveilleux romancier. Il nous donne en quelques pages, l'histoire d'un mythe. Celui du plus grand centre de l'opium et de la capitale du jeu, nid de contrebandiers, paradis de la débauche, métamorphosé en postes frontières du monde occidental et de la Chine. Nous sommes encore au temps où Maurice Dekobra écrivait « Macao, l'Enfer du Jeu », roman traduit au cinéma par Jean Delannoy en 1942, avec Eric Von Stroheim et Mireille Balin ! A cette époque, Macao figurait une des plus anciennes colonies européennes du monde. Elle avait été accordée, quatre siècles auparavant, par le Fils du Ciel, l'Empereur Ming, qui régnait alors sur l'Empire de Chine, comme récompense aux Portugais, pour avoir anéanti les pirates qui infestaient la baie et ses archipels. Le Portugal, ce tout petit pays d'Europe, à peine libéré du joug maure, lançait ses marins vers de nouveaux continents, essaimant des comptoirs sur les rives de l'Afrique, de l'Arabie, de l'Inde et de la Malaisie, poussant jusqu'aux mers de Chine !

L'île de Hong Kong n'était, à cette époque-là qu'un rocher désert et il lui aura fallu plus de trois siècles pour que son destin ne change. Ces trois cents ans laissèrent la place libre à Macao pour commercer au nom du Portugal. Et le commerce fut florissant ! Des églises et des forts s'élevèrent, des rues furent tracées et les bateaux lusitaniens prirent l'habitude de relier le Tage à la Rivière des Perles. Les caravelles chargeaient en Europe, en Afrique, en Arabie, aux Indes et même au Brésil pour les épices et les bois précieux. Après avoir hiverné à Canton, elles reprenaient la mer avec un chargement de thé, soieries, meubles et porcelaines à destination de l'Europe.
A la fin du XVIe siècle, Macao servit de base de mission aux Jésuites qui voulaient évangéliser la Chine, tel le Père Mattéo Ricci qui séduisit, par ses grandes connaissances, l'empereur Wan Li de la dynastie des Ming, ce qui lui valut de vivre à Pékin, dans la Cité Interdite.
Aux XVII et XVIIIe siècles, les diffrentes Compagnies des Indes, la Hollandaise en tête, tentèrent de prendre pied à Macao : sans succès ! Mais le déclin de Macao se concrétisa au milieu du XIXè, lorsqu'à la suite des guerres de l'opium, la Chine dût céder l'île de Hong Kong à la Grande Bretagne. Les Anglais, grâce à un port en eaux profondes, initièrent un commerce qui assura la richesse des résidents, avec, en prime, une baie qui offre l'un des plus beaux panoramas du monde. Il n'empêche que Macao fut de tout temps une terre d'asile pour les Anglais, les révolutionnaires chinois, comme Sun Yat-Sen, sous la dernière impératrice de Chine, les victimes de l'invasion japonaise, de la Chine communiste etc.
Aujourd'hui, le visiteur doit outrepasser le désordre des chantiers gigantesques, des usines et des immeubles plus ou moins réussis pour se plonger dans la ville portugaise qui est le centre de la péninsule. Les édifices d'architecture coloniale – dont 22 sont classés par l'UNESCO – les places, les avenues et les ruelles étroites offrent un spectacle charmant. L'église Sao Domingos, le Sénat, la forteresse du Mont, construite par les Jésuites au XVIIe siècle qui contient l'exceptionnel Musée de Macao, les ruines de l'église Sao Paulo, toujours du XVIIe, qui conserve sa façade, un escalier, des statues qui lui valent encore aujoourd'hui la réputation de « plus bel édifice chrétien d'Asie », feront oublier le côté Las Vegas d'Orient.
Toutes proches et reliées entre elles et à la péninsule, par des ponts, les îles de Taïpa et Coloanne ont chacune un vieux village à maisons coloniales et pour la seconde de belles plages. Taïpa, longtemps consacrée à l'élevage des canards et aux chantiers navals, possède une particularité qui en fit la renommée dans le monde entier : les fabriques de feux d'artifice. On sait la Chine grand amateur de cette industrie du merveilleux, chaque événement de la vie, naissance, anniversaire, mariage s'accompagne de ces feux célestes, mais les Etats Unis s'y fournirent également. Les manufactures y employaient des milliers de personnes, jusqu'à ce que le communisme ferme les portes de la Chine. L'Amérique devint alors le seul client mais là aussi les difficultés de douane motivées par les emballages de papiers journaux qui faisaient craindre aux autorités américaines un effet de propagande communiste, entraînèrent la raréfaction des commandes. On ne parle plus de cette industrie de nos jours.
Décor planté, dans l'immensité liquide, fourmillant de rocs et d'îlots, avec, venant de tous les horizons, les jonques et leur voilure magique, les barques, navires, cargos ou ferry, le jour comme la nuit, la baie de Canton offre un spectacle unique et inoubliable.

I.Aubert

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